Le passage a été transformé dans sa forme actuelle au début du XVII°
siècle ; les arches rustiques en maçonnerie pleine reposent sur les piles
du XIII° siècle.
LE PONT
Le fossé qui, sur 3 côtés,
entoure le château, se déploie sur 183m20 de longueur totale.
L’ancien état de la circonvallation n’existe plus qu’en bordure de la corde de
la barbacane, le long du revêtement d’appareil qui habille, de pied en cap, la
contrescarpe profilée en en talus abrupt. A l’entrée du pont, la dénivellation
plonge à 4m10 entre la crète et le pied du talus ; cette cote
paraît représenter la profondeur du fossé dès le XII° siècle. La largeur de
25m80 par contre, que l’on mesure au même endroit, ne parait applicable qu’au
fossé agrandit du XIII° siècle. Une partie des terres extraites, à cette
époque, a pu servir à exhausser le sol de la cour d’honneur du château. Le
reste est venu augmenter le volumineux dépôt qui arrondit en croupe le versant
du plateau, sous le pied du châtelet et de la tour Pinte (cette croupe a été
remodelée lors des travaux de renivellement en 2019).
Au XII° siècle, un ponceau
droit permettait de traverser le fossé ; une passerelle, qui pouvait être
enlevée en cas d’alerte, couvrait un espace vide entre la tête du tablier
dormant et le seuil de la porte. La culée d’ouest occupe l’emplacement de la
basse fossé du XII° siècle, dont le fond a été remonté au niveau de l’entrée au
moyen d’un remplissage de maçonnerie.
Au XIII° siècle, avant que les nouveautés
techniques (pont-levis, pont à trébuchet) ne fussent opérationnelles l’accès
était assuré par un simple pont dormant et le fossé devant l’entrée était
couvert d’un tablier mobile. Lors de l’élargissement du fossé, le pont
s’allongeait sur 3 nouvelles piles jusqu’à la culée de l’est. Des 4 travées
ainsi nouées en ligne droite, les deux premières en partant de la contrescarpe
s’ouvrent à 5m75 et 5m55 ; les 2 suivantes ne font
que 2m70 et 2m40 d’un montant à l’autre. Les piles intermédiaires ne montaient qu’à
0m85 au-dessus du fond du fossé ; les pilotis de soutien du pont dormant
s’érigeaient verticalement sur ces maçonneries basses. Tout l’appareil de
charpenterie du pont de 5m en largeur était facilement démontable
quand l’intérêt de la défense l’exigeait.
Photographie Archives Nationales
