samedi 19 juin 2021

Le siège de Carcassonne en 1240

 

LE SIÈGE DE CARCASSONNE EN 1240

Pour s’informer sur ce siège il n’y a que deux sources :

- le rapport du sénéchal Guillaume des Ormes à la reine Blanche et

- les notes de l’inquisiteur Guy de Puylaurens.

 

Lorsqu’en 1209 le vicomte Raimon Rogièr, fait prisonnier par une infâme traîtrise, meurt dans son cachot, il laisse un fils unique, âgé de deux ans, dont il a confié la garde à son ami et allié le comte de Foix. Cet enfant, Raimon II Trencavèl, devrait être le dernier vicomte de Béziers. Sa destinée s’annonçait sous de bien tristes auspices ; aussi, dès l'année 1211, on stipulait pour lui la cession de tous ses domaines à Simon de Montfort.

Par la suite, les choses changèrent un peu. Amaury, fils de Simon de Montfort, ne réussit pas à s’imposer après la mort de son père et la Reconquête Occitane prend son cours ; en 1220, le comte de Foix reprenait Béziers au nom de son pupille. Quatre ans plus tard, Amauri de Montfort ayant abandonné Carcassonne, qu'il ne pouvait défendre contre l'armée réunie des comtes de Toulouse et de Foix, cette ville fut rendue de même au jeune Trencavel qui regagne son palais de Carcassonne.

Mais le comte de Toulouse doit finalement faire sa paix avec le roi Louis IX et Raimon n’y fut pas compris. Comme beaucoup d’autres seigneurs occitans, il cherche refuge en Espagne où nous le retrouvons, en 1236, à la cour du roi d’Aragon, occupé sans doute à préparer sa dernière tentative pour recouvrer ses titres et ses domaines.

 

À cette époque intervient le premier effort général tenté contre le roi de France par son principal ennemi le roi d’Angleterre avec, comme alliés, les autres intéressés, les comtes de la Marche et de Toulouse, situation jugée favorable par Raimon pour arriver à ses fins. Dans le pays, l’orgueil et la tyrannie des Francimans victorieux ainsi que les épouvantables rigueurs de l’inquisition avaient provoqué le regret de la population pour ses anciens maîtres et les faidits avaient toujours conservé des intelligences dans le pays. Des forces fidèles à Trencavèl se concentraient à l’abri des repaires fortifiées de Montségur, Quéribus, Aguilar, Cucugnan, Peyrepertuse.

Raimon II, entouré de ses fidèles compagnons faydits de l’exil, commence sa progression avec ces troupes mi-août 1240 par Alet, Limoux et Montréal. Cependant il succombe à la tentation de la popularité et au lieu de foncer directement sur Carcassonne, il s’empare de Montolieu, se laisse fêter en libérateur à Pépieux, Azille, Laure, La Redorte, Rieux et Puichéric, il passe par Caunes, Minerve et Villemoustaussou. Les dernières étapes par Conques, Salsigne et Saissac l’emmènent, le 7 ou le 8 septembre, jusqu’à Grèzes. Et ce n’est que d’ici qu’il menace directement Carcassonne.

 

Son arrivé n’est donc plus un secret pour personne et le sénéchal avait assez de temps pour organiser la défense et d’emmagasiner des vivres en vue d’un siège ; par contre il lui manquait le bois de charpente pour l’installation des hourds, manque de temps ou oubli ?

Grand spécialiste dans le domaine de la poliorcétique, le sénéchal craint qu’il ne puisse pas bien tenir tête aux assaillants avec les forces limitées seules dont il dispose en ce moment. Raymond VII de Toulouse refuse de manière très courtoise de lui porter le secours que le Sénéchal avait sollicité, mais le messager qu’il a dépêché auprès de Louis IX l’informe à son retour qu’une armée sous le commandement de Jean de Beaumont viendrait en renfort. Dès lors, Guillaume des Ormes sait qu’il doit résister à tout prix derrière les murs de la Cité où se sont réfugiés l’archevêque de Narbonne et l’évêque de Toulouse ainsi quelques barons et clercs.

 

Toujours est-il que l’arrivé de Trencavèl devant la Ciutat dans cette nuit du 08 au 09 septembre est inattendue et le fait que les habitants des bourgs lui ouvrirent grand leurs portes a surpris tout le monde ; l’évêque de Toulouse était-il donc venu, le 07 septembre, exhorter cette population qui jurait, une fois de plus, de rester fidèle à l’Église et au roi.

 

Les assaillants commencent immédiatement les préparations pour le siège et l’encerclement de la Cité. Un détachement de leur force, sous la conduite de Pierre de Fenouillet, s’installe dans la zone entre le pont et la barbacane du château, bloquant tous les accès à l’eau, pendant qu’un autre, commandé par Olivièr de Tèrme, occupe la zone entre la corne sud-ouest de la Cité et l’Aude et commence à y installer un camp fortifié, coté d’Aquilon et d’Autan ils se retranchaient au bord des bourgs pour interdire les sorties des assiégés.

 

Les combats commencent le 17 septembre. Ce jour-là, le sénéchal fait, apparemment inattendu pour Trencavèl, une sortie dans le bourg Granolhete (Graveillant) et réussit à y faire une grande provision de bois de charpente. Pierre de Fenouillet contre-attaque et prend le moulin fortifié sur les bords de l’Aude. Ensuite il fait mettre en place un mangonneau, protégé par des fossés, palissades et pièges, et le sénéchal répond par l’installation d’une pierrière turque dans l’enceinte de la barbacane. Des vrais duels d’artillerie auront lieu, toutefois sans effet décisif (les engins de jet étaient capables de projeter des boulets de 50 à 80 kg à plus de 200 m avec une précision de quelques m).

 

Sceau d'Olivier de Terme

L’intrépide Olivièr de Tèrme, un vaillant guerrier dans la quarantaine, jadis l’un des plus puissants seigneurs de la vicomté de Carcassonne dont Trencavèl a fait son lieutenant, possède une grande expérience dans la technique des mines, acquise dans les croisades de Majorque et de Valence menées par le roi Jacques Ier d’Aragon contre les Sarrasins ; en plus, il dispose d’un personnel important spécialisé dans ce travail dangereux. Tout cela va influencer sur la conduite des opérations.

 

Trencavèl lance des assauts multiples contre les murs de la Cité. Parallèlement, des mines sont creusées à partir des maisons limitrophes, ce qui empêche une découverte prématurée des travaux. Les mineurs occitans creusent, d’après le rapport du sénéchal, sept mines contre les remparts (en comparaison : à Majorque où l’armée catalano-aragonaise était beaucoup plus nombreuse, il n’y en a eu que trois) et arrivent à ouvrir plusieurs brèches ; la plus importante mine était celle qui visait la barbacane de la porte de Razès au sud. Nous trouvons ici la guerre de mines, forme très spéciale de combat, à un degré qui ne sera plus atteint que pendant la guerre de Crimée ou la Grande Guerre.

La première mine est dirigée contre la Porte Narbonnaise. Les mineurs occitans arrivent à faire tomber la partie avant de la barbacane, mais les assiégés ont entendu le bruit des travaux et ont érigé un mur de pierres sèches dans la partie arrière et ainsi ils arrivent à repousser l’attaque. Une nouvelle mine vise une tourelle de l’enceinte extérieure (qui, en 1240, est encore un chantier protégé par des palissades) au front boréal. Les défenseurs exécutent des travaux de contre-minage et réussissent à tenir les assiégeants en échec. La prochaine mine est creusée contre un mur qui tombe sur « 2 créneaux », mais le sénéchal a déjà fait construire une solide palissade et empêche de cette façon la poursuite de l’attaque. Les attaquants insistent et creusent, toujours dans le secteur méridional, pas loin du palais de l’évêque, une nouvelle mine sous un mur de l’enceinte extérieure (que des Ormes qualifie comme « sarrasin »). Mais ici aussi, les défenseurs érigent une palissade dans les lices et commencent un contre-minage. Puisque la mine des attaquants leur détruit une partie du mur, ils construisent encore une palissade avec bretèche et les archers arrivent à tenir éloigné les attaquants.


Nouvel essai de minage, cette fois plus au sud à la hauteur de la Porte de Razès. Les hommes dans la Cité s’en rendent encore compte ; érigent une contre-palissade et entreprennent un contre-minage. Ils s’emparent de la mine des attaquants et les en chassent.

Malheureusement aussi les innombrables assauts à la surface furent tous repoussés, puisque le nombre des arbalètes derrière la protection des murs était suffisant pour rien céder au nombre des arbalètes occitanes qui avaient tellement impressionné le sénéchal qu’il les mentionnait dans son dans son rapport (Il s’agissait d’une arme nouvelle qui tuait à grande distance, environ 75m, faisant encore au-delà des nombreux blessés ; l’Église n’avait autorisé son emploi que contre les Musulmans).

Conscient de ses échecs successifs face à des Ormes et bien informé de l’approche de l’armée royale, Trencavèl décide de donner un assaut concentré à la barbacane du château le dimanche 30 septembre, mais c’est encore un échec. Pourtant le vicomte ne se décourage pas et, le samedi 6 octobre, il tente à nouveau un assaut de grande envergure. Mais aussi cette dernière attaque est repoussée avec des pertes sévères pour le camp de Trencavèl.

Le jeudi 11 octobre au soir Trencavèl lève le siège et se réfugie à Montréal, non sans avoir mis le feu aux faubourgs, poursuivi par l’armée du roi. Il fallait l’intervention des comtes de Toulouse et de Foix (sans oublier l’approche de l’hiver qui aurait posé quelques problèmes aux forces royales) pour qu’il puisse s’échapper et retrouver son exil catalan.

Et voilà le bilan de 25 jours de combat acharné pour Trencavèl :

- les 3 barbacanes démolies, le château Narbonnais en ruines,

- la tournelle commandant l’enceinte extérieure renversée,

- les lices sud-ouest envahies,

- les courtines de l’enceinte extérieure ébréchées en plusieurs endroits et sur le point d’être franchies.

La prise de Carcassonne était donc possible sur le plan tactique (sans l’intervention rapide de l’armée de secours du roi) mais le vicomte ne pouvait pas vraiment espérer de s’attaquer victorieusement à la Monarchie française avec ses ressources largement supérieures. Et lors du siège d’Avignon en 1226, le roi n’avait-il pas déjà prouvé sa détermination de s’assurer le contrôle du sud du royaume ? Maintenant il ne lui reste que de se soumettre au roi de France, abandonnant ses droits sur les vicomtés de Béziers et de Carcassonne.

Article de JP Oppinger.

Bibliographie :

- Poux J. La Cité de Carcassonne, Histoire et description, L’épanouissement t I, pp 106-116, Privat 1931

- Doüet d'Arcq L. Siège de Carcassonne. 1240. In : Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 363-379.

- Blanc, J. et alii : La Cité de Carcassonne, des pierres et des hommes, pp.60-63, Grancher 1999


mercredi 9 juin 2021

Les 70 ans de Roger

 


Nous avons fêté l'anniversaire de Roger dit Chanchou dans son ancienne maison familiale transformée par son fils Sébastien en restaurant bar tapas. 

Pandémie oblige, c'est sur la terrasse que s'est déroulée cette agréable journée. Faut dire que Sébastien avait préparé cet anniversaire de façon magistrale, journée animée par Maïté toujours aussi dynamique. 


Tous ses amis citadins étaient là ainsi que ses copains de la ville basse.




Il y eut quelques instants d'émotions lorsque parents et amis félicitèrent le nouveau septuagénaire, la petite larme versée par Chanchou


Le rébus qui a permis à Roger de découvrir la destination de son voyage offert par tous.



Et comme toujours à la Cité tout se termine par des chansons. Jean entonna quelques airs du floklore occitan apprécié de tous.
Evidemment il fut question de bon vieux temps, de la vie d'autrefois, de Joseph et de Vincente, du tour de l'âne, des fêtes citadines et de tous ces souvenirs gravés à jamais dans notre mémoire comme le départ à 5 heures du matin après une soirée d'orage pour aller chercher dans la garrigue proche ces escargots dont nous raffolions préparés avec une aïoli maison.
Nadine avait apporté des articles de presse, des photographies de cette période
 que je mettrai dans quelques temps sur ce blog.
Une magnifique journée. 




dimanche 30 mai 2021

Le siège de Carcassonne (suite) 1209

 

Les Croisés francimans (d’après des estimations récentes probablement près de cinquante mille hommes) arrivent devant Carcassonne le samedi le 1° août, vers 15h00. Ils se sont abondamment ravitaillés dans les villages abandonnés sur leur chemin.

Leurs premiers détachements s’installent des deux côtés de la route venant de Narbonne ; le lendemain, la rangée des camps encercle toute la Ciutat.

 Raimon-Rogièr veut faire tout de suite une sortie avec 400 chevaliers, mais Pèire Rogièr de Cabaret l’en dissuade.

Les croisés sont pressés, 36 jours sont déjà passés depuis le départ de LYON (dimanche, 24 juin) l’host ne compte que 40 et le Duc de Bourgogne pense déjà au retour.

Après diverses reconnaissances des deux faubourgs mentionnés, ils attaquent lundi le 3 août, au matin, le Bourg (dont la muraille et le fossé sont greffés à celle de la Cité du côté nord, près de la tour de Samson d’une part, et près de la porte Narbonnaise d’autre part) qui était moins étendu et moins bien muni que le Castellare.

  


(Source POUX J. 2  p. 53)

Ce front est aussi trop loin pour les archers sur l’enceinte de la Cité elle-même (250m à vol d’oiseau) et permet avec sa faible étendue la formation de colonnes profondes ; on renonce même sur le soutien de catapultes.

 Après un combat bref (2 heures) mais acharné, un corps à corps à la lance et à l’épée, les défenseurs cèdent au nombre supérieur des attaquants. Très vite, les croisés se dirigent vers l’ouest sur toute l’étendue du versant afin de couper les hommes de la Cité de l’Aude et de se rendre maître des points d’eau (nous en connaissons deux : « la font granda » près de la sortie du Castellare par la porte de Razès et la » font celada », la source vive de la porte de Toulouse qui coulait à l’époque à l’air libre au pied du rempart). Face à cette rapidité, les assiégés ne tentent aucune sortie.

 La médiation infructueuse du roi d’Aragon se situe entre le 4 et le 6 août ; elle est accompagnée d’une courte trêve.

 Avant d’attaquer la Ciutat elle-même les croisés se prennent au Castellare (dont la muraille et le fossé sont greffés au mur de la Cité d’une part entre les tours du Plô et du Castéra, d’autre part à la hauteur de l’enclos épiscopal). Cette opération sur le front sud commence le 7 août à l’aube.

 Les croisés procèdent comme le 3 août mais le Castellare est mieux équipé que le Bourg. L’attaque se solde vite par un échec. Ils décident donc d’installer des catapultes sur le versant du coteau situé en face du Castellare, position qui offre une bonne vue sur l’objectif. En effet, ces engins arrivent vite à ébrécher sérieusement le parapet du rempart et les sapeurs y avancent une sape. Le lendemain, un pan de mur s’effondre et, par cette brèche, les cavaliers commencent à pénétrer dans le faubourg. Les défenseurs de la Cité font une brusque sortie et massacrent quelques attaquants.

 Désormais, la Ciutat est encerclé et toute sortie devenue impossible. Sans la foule des réfugiés, Carcassonne aurait pu résister encore longtemps, mais les puits intramuros sont taris par la chaleur excessive de cet été et la situation hygiénique est devenue grave. Côté croisés, c’est Vaux de Cernay, qui nous expose la volonté arrêté des chefs de l’host de ne pas prendre la ville d’assaut, comme celle de Béziers ; il s’agit quand même d’une base militaire importante et des richesses que l’on ne veut plus bruler bêtement …

 La Canso rapporte que, quelques jours plus tard, un chevalier croisé vient demander à parlementer avec Trencavèl. Dans la foulée, le vicomte se rend au camp des croisés. Après les négociations, la reddition de la ville est fixée au 15 août. Trencavèl doit se livrer obtenant en échange que les habitants de la cité gardent la vie sauve. Samedi le 15août, les croisés pénètrent dans la Cité ; ils occupent immédiatement le palais vicomtal, le donjon et les autres tours du logis.

 


Tous les habitants de Carcassonne peuvent quitter la ville en ne portant que leurs seuls vêtements et en abandonnant tous leurs biens, y compris les armes et les chevaux (même les Parfaits, pourtant reconnaissables à leur maigreur, ne sont ni inquiétés ni appréhendés).

 Mais après la prise de la ville, Arnoult Amalric ne relâche pas son otage ; il la jette en prison, une flagrante transgression de tous les us et coutumes de guerre car l’acte de reddition, telle que le rapporte Guilhèm de Puèglaurenç, prévoit qu’« il reste comme otage jusqu’à l’exécution du traité ». Plusieurs chevaliers s’indignent à voix basse du traitement infâme qui lui est infligé, mais aucun n'ose s'opposer au légat. Trois mois après la reddition, le 10 novembre, Raimon-Rogièr Trencavèl meurt dans son cachot, officiellement d’une dysenterie mais très probablement assassiné sur l’ordre de Simon de Montfort, lequel Arnoult Amalric désigne comme nouveau vicomte.

 Les légendes occitanes font l’éloge de la résistance carcassonaise et beaucoup des historiens postérieurs s’y joignent sans retenue. Guilhèm de Puèglaurenç par contre, tenant pourtant plutôt pour les Albigeois, constate laconiquement que le jeune vicomte, frappé de terreur (terrore concassus), se rendit sans combattre.

Il faut donc choisir une approche rationnelle pour faire la part des choses en analysant les faits :

Investissement des enceintes du Bourg et du Castellar avec occupation de ces faubourgs pendant 13 jours ainsi que quelques escarmouches plus ou moins violentes au moment de l’occupation des bourgs, un modeste essai de sape (intimidation ?) sur la courtine nord, à l’aide d’une seule machine basse et de quelques pionniers mais pas d’assaut de la Ciutat elle-même.

 CASTEL résume la situation comme suit :

« Encerclement de la Cité suivi d’une capitulation due à l’inexpérience d’un jeune chef (terrorisé par le nombre des croisés et la situation hygiénique dans la Cité) abandonnant ses troupes pour aller implorer la clémence d’un vieux renard, le Légat, qui en profite pour l’escamoter à la façon d’un prestidigitateur ».

 Quoi qu’il en soit, la prise du château et de l’enceinte fortifiée sans combat est établie par les textes latins de l’époque : dur, dur pour le cœur occitan !

 article JP Oppinger

SOURCES :

 - Historia Albigensis (1218) de Pierre des Vaux de Cernay ou Pierre de Vaulx-Cernay, Moine de l'abbaye cistercienne des Vaux-de-Cernay, il est le neveu de Guy, abbé de ce monastère et évêque de Carcassonne en 1212 (mort après 1248).

- Canso de la crozada de Guillaume de Tudèle (Guilhèm de Tudèla), 1199-1214 (?) chanoine en 1212.

- Chronica Magistri Guillelmi de Podio Laurentii (1145-1275), Guillaume de Puylaurens 1201-1274 (?), curé de Puylaurens.

- POUX, J. : La Cité de Carcassonne, Histoire et description, L’épanouissement t I, pp. 48-65, Privat 1931

- BLANC, J et alii : La Cité de Carcassonne, des Pierres et des hommes, pp.51-54, Grancher 1999

- INSITU-Thèmes : Les Cathares, MSM 2000, p.137

- CASTEL E. : La vérité sur les deux sièges de la Cité au XIII° siècle, SASC III 8 1947-48, pp.158-167

Concernant Béziers il existe un rapport des légats Arnaud Amaury et Milon au pape, écrit quelques semaines après les évènements (ROQUEBERT M. : Béziers, autopsie d’un massacre annoncé). Un tel rapport devrait exister pour Carcassonne également, mais on n’en a pas encore trouvé

vendredi 28 mai 2021

Le siège de Carcassonne 1209

 

LE SIEGE DE CARCASSONNE 1209 (01 au 15 août)

Lors de la « guerre sainte » contre les Cathares.

 

Après avoir émis de sérieux doutes sur le fondement juridique de la croisade, le roi, Philippe II Auguste, cède finalement à la pression du pape et laisse partir quelques barons pour amorcer la croisade, sans pour autant (comme le lui demandait le pape) y participer en personne et sans même désigner un mandataire royal.

Les grands barons croisés sont Eudes III, duc de Bourgogne, Hervé IV de Donzy, comte de Nevers, et de Gaucher III de Châtillon, comte de Saint-Pol. De nombreux barons de moindre importance se rallièrent à eux, dont un certain Simon IV, seigneur de Montfort-l’Amaury et comte de Leicester.

Le pape désigne son légat Arnoult Amalric (que nous appelons aujourd’hui Arnaud Amaury), l’abbé de Cîteaux, comme chef spirituel de la croisade.

 L’host se rassemble en Bourgogne, en Nivernais et dans le Lyonnais avant de s’engager dans la vallée du Rhône.

Au Moyen Âge, à l'époque féodale, le terme host ou ost désignait le service militaire que les vassaux devaient à leur suzerain ; les hommes d'armes servaient pour un temps déterminé à quarante jours. Le terme s’étend ensuite à une telle armée en campagne.


Sceau de Raymond VI

Pendant que s’organisent les préparatifs de la croisade, le comte de Toulouse, Raimon VI, qui n’a pas réussi à constituer un front commun avec son neveu Raimon-Rogièr Trencavèl, vicomte de Béziers, Albi et Carcassonne, propose, pour sauver ses terres, sa soumission à Arnoult Amalric. Raimon VI est convoqué à Valence. Pour lever son excommunication (prononcée en 1207), il accepte les conditions du pape. L’acte public de réconciliation se tient le 18 juin 1209 à Saint-Gilles, où il subit une immense humiliation, au berceau même de sa dynastie. Raimon VI demande ensuite à prendre la croix et se met à disposition de l’host ; ses terres se trouvent, de ce fait, sous la protection du siège apostolique. Il participera ainsi au sac de Béziers et à la prise de Carcassonne, passif et impassible.

Raimon-Rogièr Trencavèl qui n’a que 24 ans, veut suivre l’exemple de son oncle et vient à la rencontre de l’armée croisée pour offrir sa soumission à Arnoult Amalric qui la refuse : si Trencavèl prenait la croix, à son tour, la croisade n’aurait plus raison d’être !

 


Trencavèl rentre alors vite à Carcassonne ; en passant par Bézier il demande à la population de mettre la ville en défense.

Après la mise à sac de Béziers le 22 juillet, Trencavèl n'a d'autre choix que de se retrancher dans la ville en attendant que l'orage passe (connaissant lui aussi le système de l’host). Il n’a pas plus de 15 jours pour préparer la défense de Carcassonne.

 À l’époque, la Ciutat ne dispose que d’une seule enceinte avec une trentaine de tours et sur laquelle s’appuie, à l’ouest, le château comtal. À l’extérieur, elle est flanquée par deux quartiers importants, eux-mêmes fortifiés, au nord le Bourg sant Vincens et, au sud, le Castellare sant Miquel.

 Trencavèl ordonne d’abord la destruction des moulins des alentours pour empêcher les croisées de s’y approvisionner. Ensuite il fait renforcer les défenses et gagne du matériel en faisant abattre le réfectoire, le cellier et les stalles des chanoines de Saint-Nazaire (ce « sacrilège » s’exécuta sans protestation puisque le clergé avait déjà quitté la ville avant son retour) ce qui livre le bois nécessaire à l’installation des hourds au sommet des murs.

Les maisons extérieures aux remparts, les faubourgs, ne seront pas détruites.

 Il n’est pas très aisé de trouver des informations fiables sur un affrontement à cette époque ; entre des récits plus ou moins fantaisistes nous ne trouvons que deux auteurs qui sont susceptibles de rapporter les faits à peu près correctement : Pierre des Vaux de Cernay, historien de Simon de Montfort, et Guilhèm de Puèglaurenç (aujourd’hui on l’appelle Guillaume de Puylaurens), chapelain du comte de Toulouse, donc deux chroniqueurs appartenant à des camps opposés.

Le premier témoin oculaire, le second pas tout à fait contemporain, mais étant du pays et bien placé pour avoir des renseignements de ceux qui avaient été témoins de la croisade. L’un chaud partisan des croisés, l’autre, plus modéré, tenant pour les Albigeois.

Mais leurs récits sur nôtre sujet concordent, ce qui nous amène au moins très proche de la vérité.


Article de JP Oppinger


samedi 22 mai 2021

Jour J 19 mai 2021

 

Surprise!!! aujourd'hui notre vieille Cité a perdu sa pipe.


La Cité qui avait son bureau de Tabac. Le 1er  connu dans la rue Saint Louis avait pour propriétaire Mr Cadène, le 2ème et dernier dans la rue Cros-Mayrevieille, la boutique de Mr  Guy Blanc dit Guitou, un des derniers mohicans citadins, près d'un siècle de tabagisme citadin, pour les villageois d'abord, puis pour les touristes ensuite lorsque le village a disparu au profit du tourisme envahissant mais aujourd'hui indispensable et nécessaire. 

l'Espagne toute proche, une concurrence malhonnête, des ventes sous le manteau connues de tous mais non prouvées et cette pandémie qui, en obligeant la fermeture des commerces citadins, a contraint notre ami Guitou à tirer le rideau sur son bureau de Tabac.

Une page citadine est tournée.




mardi 18 mai 2021

Jour J-1 le 19 mai jour tant attendu par tous

 

Dans la ville basse, pardon la Bastide Saint Louis, tout comme à la Cité, nos commerçants s'activent et font leurs derniers préparatifs pour être fin prêts ce mercredi 19 mai 2021.

On ressent comme une certaine fébrilité qui flotte et qui interroge "les clients et le beau temps seront- ils au rendez-vous ce jour là ?" 


Sur la Place Carnot, ancienne place aux herbes, devenue cette esplanade aux terrasses multiples tout n'est pas encore installé.

Idem Place Marcou, tous les fauteuils et tables ne sont pas encore en place.

Il y a encore quelques centi...mètres carrés de disponibles.





jeudi 13 mai 2021

Jeudi 13 mai 2021 jour de l'Ascension

 

Ce jeudi 13 mai, jour de l'Ascension, je suis "monté" à la Cité pour voir, si moins d'une semaine avant l'ouverture des magasins, les touristes étaient au rendez vous? 

A 10h 30, lorsque je suis arrivé rue Cros Mayrevieille, personne, aucun touriste n'arpentait les ruelles citadines, le calme plat.


Très peu de magasins ont l'autorisation d'ouvrir. Une heure plus tard, quelques personnes arrivaient et déambulaient dans les lices et dans les rues.






Quelques boutiques, vente de sandwichs, glaces, gaufres attendaient patiemment l'éventuel client.


Certains donnaient un dernier coup de main pour être prêts le jour de cette ouverture tant attendue de tous les commerces.





un restaurant préparait des repas à emporter.


Souhaitons que le jour de l'ouverture de l'ensemble du commerce citadin, les touristes, les visiteurs, les carcassonnais remontent dans ce lieu magique qui a eu une période de somnolence trop importante pour l'économie locale. 
Bien que je ne sois pas d'accord sur l'évolution de mon lieu d'enfance, force est de constater que l'économie de la ville dépend en grande partie de cette Cité, que nous aimons malgré toutes les blessures, les offenses et les transformations  qu'elle a subies. 


Entrée libre et gratuite Place Marcou


Encore une semaine pendant laquelle la place Marcou obstruée par des fauteuils, des panneaux, et des tables est libre d'accès. 
Certes, cette place qui fut privatisée il y a quelques années n'est plus la place publique populaire, habitée et fréquentée qu'elle fut avant.
Les habitants ont donné à cette place le nom de Théophile Marcou le maire de la ville de Carcassonne qui a doté la Cité de fontaines publiques et d'un château d'eau sur cette place où est distribué aujourd'hui plus de bières et de vins rosés que d'eau dite minérale. 




 Aujourd'hui 12 mai 2021 le temps est maussade, gris et tristounet, certains commerces profitent de cette période de pandémie pour restaurer, nettoyer ou créer un établissement, d'autres sont tout simplement fermés par manque de ressources en attendant des jours meilleurs.
 Depuis quelques décennies la Cité n'avait pas connu un calme et un silence qui contrastent avec l'agitation habituelle de la saison estivale.
La vie semble avoir quitté ces places et ces ruelles qui hier étaient bruyantes et animées. 
Une morte saison difficile pour tous ces petits gérants et employés et dans une moindre mesure les propriétaires, mais difficile tout de même.




mardi 11 mai 2021

Hier et aujourd'hui commerce place du château

 




 

l'immeuble appartenant hier à la famille Cassignol Edmond est resté très longtemps dans son état d'origine, puis il fut transformé dans un premier temps en Glacier et aujourd'hui profitant de cette morte période de nombreux magasins font peau neuve ainsi la devanture de ce glacier a été modifiée et est devenu aujourd'hui un beau magasin prêt à accueillir les visiteurs.





dimanche 9 mai 2021

Hier et aujourd'hui le Jardin de la Tour

 Le restaurant "Le Jardin de la Tour" d'Elodie

 
En octobre 2018 de violentes intempéries se sont abattues dans notre département de l'Aude créant de nombreux dégâts matériels et humains. 
La Cité n'a pas été épargnée et le mur soutenant le jardin du restaurant "le Jardin de la Tour" s'est écroulé.


Aujourd'hui la balustrade à été reconstituée à l'identique .






jeudi 6 mai 2021

Le protocole de restauration de la Cité doit être validé en juin

 Article la Dépêche du midi du 6 mai 2021




La Cité avec pour toile de fond les Pyrénées 6 mai 2021

Une vue de la Cité prise le 6 mai 2021de Vento Farino à Montredon 


 

vendredi 23 avril 2021

La Font Grande


Des précisions importantes de notre amie Christiane Cathala concernant cette fontaine située près de sa propriété viticole.

La Fount Grande est dans cet état depuis les années 1976 ou 1977

Le tournant a été agrandit à cette époque là.

En deux temps.

Dans un premier temps du coté de l’exploitation et dans un deuxième temps du coté de l’enclos qui appartenait à l’époque à Mme Lajoinie.

C’est Raymond Chésa qui l’a convaincue de céder l’avancé qui réduisait le tournant. L’entreprise de maçonnerie( que je ne nommerai pas) a mis tous les décombres de la démolition dans le souterrain qui sert de trop plein à la fontaine. Ce souterrain passe sous la maison de la famille Pujol et sort aux Ourtets. A l’époque les propriétaires des jardins des Ourtets ( principalement  Mr Papaïs ancien laitier à l’entrée de la Barbacane) arrosaient avec cette eau.

J’ai entendu dire que le souterrain était immense, un homme pouvait y entrer.

Depuis les travaux d’agrandissement, l’eau ne s’évacue plus .Au cours de l’orage de Novembre 1999 la fontaine s’est remplie de limon.

Les sources doivent être deviées où ? comment ?

Ma grand-mère tenait de son père que dans les années 1900 les gens de la Cité, qui utilisait l’eau, s’étaient mis en devoir de nettoyer le puit.

Ils ont passés une journée à pomper ( les pompes étaient à bras !) à la nuit tombée ils ont arrêté pensant poursuivre le lendemain. Quand ils sont arrivés au petit jour, l’eau était remontée au niveau initial. Ils ont pompé nuit et jour pour pouvoir l’assècher. J’ai entendu dire qu’il y avait 3 bras d’eau qui alimentait ce puit .

Quand j’étais petite j’allais pêcher des têtards devant la fontaine .Je me souviens de ce puits immense , vouté en ogive. C’est dommage ! !

 Apparemment la Fontaine appartient à la Mairie.(A vérifier auprès de Denis Vidal ou du cadastre) Pendant un temps elle était une  réserve pour les pompiers .Maintenant c’est un puit à moustiques ! ! !

 




 Cette fontaine très ancienne daterait de l'époque Gallo Romaine, elle est située dans un lieu dit "Font Grande".  Cette "Fount Grando" serait d'après Jean Cadène un lieu saint du passé traditionnel et sacré. L'auteur affirme que les documents restants de la nymphée Romaine de la Fount Grando montrent que les Romains respectèrent ce lieu d'idolâtrie commune aux Celto Gaulois et Romains.
 Ils construisirent une petite nymphée sur l'ancien lieu sacré, sur ce sanctuaire où la population avait l'habitude de prier, d'idolâtrer et d' honorer cette divinité naturelle aquatique " Une nymphée est un édifice bâti autour d'un bassin recevant une source consacrée aux nymphes divinités de l'eau".

Plus tard cette source perdra son caractère sacré pour devenir une fontaine ordinaire où  la population avait l'habitude de venir chercher de l'eau et abreuver les bêtes.
 En 1891 la municipalité Carcassonnaise consciente du caractère sacré de cette fontaine suggère de mettre une pompe pour faciliter l'accès des habitants à l'eau.


A l'heure actuelle la Fontaine est à l'état d'abandon comme le montre la photographie, ne serait-il pas possible de nettoyer, embellir ce lieu et de le signaler aux éventuels visiteurs intéressés par l'antiquité et l'histoire de notre vieille Cité ???
Peut être cela a été fait mais ce n'est pas très visible pour les visiteurs intéressés par notre patrimoine. 

 

Tour de l'âne à la cité de Carcassonne année 1976



Tour de l'âne place du grand puits année 1976
Sur cette photo nous reconnaissons Dédé avec une belle barbe et un fils Siman (j'ai oublié le prénom AE)  




Sur celle ci évidemment Annette Saurel et Yves Faro en tenue Languedocienne


 

Ecole des filles de la Cité de Carcassonne années 1966 .1967

(suite)

 
un grand merci à Christiane Cathala de nous avoir donné le noms de certaines élèves sur cette photographie qui ne sont pas de sa génération

Ce sont des filles nées en 1955-1956et /ou 1957

Elles devaient être au CE2 ou CM1

Photo surement prise en 1966 ou 1967

 

1er rang devant en partant de la gauche :

1-Gisele Mignon( nièce de milou solanille)

3-Dominique Babou( fille de la Directrice de l’école maternelle)

9-Brigitte bon

13- tout a droite Michele Gaillagot( Marius)

2ème rang en partant de la gauche

2-Brigitte Pautard

7-Georgette Vassal  et sa grande sœur

Dernier rang en partant de la gauche

2- Maryse Montech ?

5-Colette Serrano

6-Anne Pennavaire








jeudi 8 avril 2021

Ecole des Filles de la Cité de Carcassonne années???

Ces photographies m'ont été confiées par Mr Florent Marius, fils de notre amie Michèle Gaillagot et nous essayons, grâce à nos amis citadins et carcassonnais, de mettre un nom sur le visage des ces jeunes filles qui fréquentaient l'école publique des filles à la Cité de Carcassonne.

Un grand merci à tous ceux qui nous communiqueront le nom de ces élèves et éventuellement l'année scolaire. (anton.de.ciutad@gmail.com)



1er rang assise au sol Lisette Gayraud
2eme rang de gauche à droite Gaillagot jackie Menard? Marcelle Coste, ,? , Doutre
3ème rang de gauche à droite ,,?,  Lluch, Paule Herin, ..? .., louisette Gaillagot, YvetteHerin, Gaby Cutanda, Marie Jeanne Pont,...?...,...?..., 
Renseignements fournis par Danièle Hérin  ( Citadine ) Merci Los Ciutadins.