Architecte du théâtre et de l'Hôtel de la Cité, de la Maison Lamourelle, des bains-Douches, ou encore du très beau Monument aux Morts Art-Déco entièrement mosaïqué de l'église Saint-Vincent, Léon Vassas a consacré sa carrière au patrimoine de Carcassonne, réalisant des projets d'envergure montrant toute l'étendue de son talent.
samedi 3 octobre 2026
mercredi 23 septembre 2026
LA CITE DE CARCASSONNE ; LE FOSSE OUBLIE
LA CITE DE CARCASSONNE : Le
fossé oublié
Tout le
monde connait les murs de Carcassonne, mais un fossé … ?
Si le terrain géologique du
front ouest de la Cité est très favorable à la défense, c’est plutôt le
contraire sur le front est. Celui-ci est très vulnérable à cause des niveaux du
sol intérieur et extérieur des fortifications s’approchant dangereusement de la
même hauteur. Une attaque de ce côté promettait l’accès le plus facile à la
ville. Il n’est donc point surprenant que l’on cherchait des moyens
supplémentaires pour renforcer la défense.
Après la tentative malheureuse de Raimon Trencavel de
reprendre la Cité en 1240, les faubourgs furent démolis et les abords immédiats
étaient libérés de toute construction.
Les maîtres d’œuvre royales en profitaient donc
pour créer devant l’enceinte extérieure les obstacles suivants (voir schéma
ci-dessous) :
1)
Entre la tour du Grand Burlas et la tour Cautière (~225m) est installé un talus que l’on désigne comme merlon.
2)
Dans la partie la plus menacée par la
presque-égalité des niveaux des terrains avant la porte Narbonnaise, un fossé
avec fond plat est creusé entre la tour Cautière et la tour de Bérard (~255m).
Puisqu’ un merlon en bordure sur le glacis, qui domine la descente vers la
basse Trivalle, aurait plutôt profité à l’ennemi pour son approche, on y crée
une contrescarpe murée.
3)
A partir de la tour du Bérard le sol géologique sert de fond de fossé avec
comme bordure la contrescarpe murée qui continue ici dans le même objectif que
dans la partie précédente. Tout cet aménagement
s’achève en cul de sac sous la tour de Moreti (~210m).
Les sondages vers le Pradel ont permis de retrouver le niveau initial du Moyen Âge et de comprendre que le niveau actuel de ces ouvrages (cimetière inclus) est atteint par la terre extraite pour créer ou approfondir le fossé avec la construction de l’enceinte extérieure. Ce sont donc les terres extraites du fossé, et probablement en parti aussi celles déblayées lors du nivellement des lices avoisinantes, qui ont permis d’installer les merlons. L’action du temps et les différents aménagements effectués depuis la réalisation de ces ouvrages ont sans doute changé certaines dimensions.
Ci-joint des extraits des résultats des
fouilles de l’INRAP « Le fossé de la Cité et sa contrescarpe » en
novembre 2021, que l’on trouve dans le rapport D14380_BD d’octobre 2023 :
« Le fossé actuel
mesure entre 20 m et 22 m de largeur au niveau de son ouverture. Le fond est
atteint à environ 3 m sous le niveau de sol actuel. Il est plat et mesure entre
8 et 10 m de large. Entre 4,5 m et 6 m de hauteur séparent le fond du fossé et
le pied du rempart actuel. Quand on se trouve au sommet de la contrescarpe
actuelle, le fond du fossé se trouve à plus de 10 m de profondeur. »
« Comme attendu pour ce type de fossé défensif, les parois du
fossé sont abruptes. Au pied du rempart, la pente est constituée par le terrain
géologique qui a pu être aménagé et creusé par l’homme notamment lors des
restauration et reprises en sous-œuvre de la muraille. La pente opposée est
constituée par le talus de la contrescarpe qui a vraisemblablement été réalisé
avec la terre extraite lors du creusement du fossé. La contrescarpe est vêtue
d’un mur de 0,70 m d’épaisseur en pierres liées à un mortier de chaux
blanchâtre ou de terre. »
« Bien qu’aujourd’hui ce mur semble discontinu, le diagnostic
confirme qu’il est conservé en fondation tout le long du fossé au moins de la
porte Narbonnaise à la Tour Notre-Dame et probablement jusqu’à la tour suivante
dite de Mouretis. Sur certaines portions la maçonnerie a été épierrée sur
plusieurs mètres de haut. D’après les niveaux de gravas et de mortiers visibles
dans le comblement du fossé ces épierrements semblent d’époque
contemporaine. »
OBSERVATIONS:
-
On constate que les bases des tours de la Vade et de la Peyre sont posées
directement sur le rocher et on comprend que leur construction n’était pas
possible sans avoir creusé le fossé au préalable .
- La contrescarpe murée est carrément démontée
sur un tronçon entre la porte Narbonnaise et la tour de la Peyre, afin de créer
un accès de véhicules dans les fossés, au courant du XX° siècle ; un
sacrilège de plus contre la présentation de l’architecture militaire du XIII°
siècle dans la Cité !
Article de JP OPPINGER
jeudi 10 septembre 2026
Journées du Patrimoine 2026
A l'occasion des Journées du Patrimoine, je vous propose une visite guidée de la Trivalle, afin de (re)découvrir tout l'intérêt patrimonial de ce quartier historique.
Journées Européennes du Patrimoine, 19 – 20 septembre 2026
Visite du QUARTIER DE LA TRIVALLE à Carcassonne
par Fabienne Calvayrac, guide-conférencière nationale,
organisée par L’Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne
Samedi 19 septembre 2026, 14h30
Départ devant la Manufacture Royale, à l’entrée du Pont-Vieux
Détail d’un plan de 1781© AD 34
Ancien faubourg de la Cité, le quartier de La Trivalle s’est développé au pied de la forteresse, sur le front Nord. C’est l’un des quartiers les plus anciens de la ville qui trouve son origine pendant l’Antiquité, et se développe au moyen-âge. La rue qui porte son nom a conservé des éléments architecturaux remarquables des siècles passés qui plongent le visiteur dans l’Histoire, et l‘invitent à la découverte des femmes et des hommes qui y ont vécu.
Gratuit et ouvert à tous !
vendredi 4 septembre 2026
La mosaïque antique de l'Hôtel de La Cité
Rapidement après sa création en 1909, l'Hôtel de la Cité a fait l'objet de plusieurs agrandissements.
C'est ainsi qu'au printemps 1925, lors "des travaux exécutés pour assoir les fondations de l'annexe de l'Hôtel de La Cité", une mosaïque antique fut découverte "à 3 mètres au dessous du niveau de la rue Garibaldi", aujourd'hui, rue Saint-Louis. D'une largeur de 8 mètres, cette mosaïque noire et blanche est posée sur un ciment de briques pilées d'une épaisseur de 6 cm environ.
"Les maisons longeant la rue Garibaldi, y compris celle en bordure nord de la place (...) ont leurs fondations bien au dessus du sol portant la mosaïque."
Source: Mémoires de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne
jeudi 13 août 2026
A découvrir à l'Auberge de Jeunesse de la Cité... Une maquette inédite du monument
A découvrir dans La Cité, à l'Auberge de Jeunesse
Rue Raymond Roger Trencavel
Entrée libre
Maquette de la Cité réalisée par Horst Neumann (1933-2015)
mercredi 5 août 2026
Flânerie rue Trivalle... Fin XIXème - début XXème siècle
Juste pour le plaisir des yeux...
Source AD 11
La Manufacture
mercredi 17 juin 2026
LA PORTE AVEC SES DEUX TOURS
Les superficies des chambres
répondent à un diamètre uniforme de 3m07 et l’élévation au sommet
des calottes est de 3m30. On retrouve la suite les trappes du 1°
palier. Les 2 arcatures des renflements pour les meurtrières cintrent leurs
berceaux surbaissés à 2m10 d’élévation, sur 1m50
d’écartement des pieds droits et 1m10 - 1m20 de pénétration.
Dans l’axe de la tour du midi, une porte (1m90 x 0m73) était reliée par un couloir sous plafond de 1m65 de longueur à la galerie joignent la tour à l’aile sud du château. Le cadre en est en partie masqué par la carcasse du grand escalier moderne de cet aile.
Dans l’axe de la
tour nord, la sortie passe par un escalier rampant vers l’escalier en bois
extérieur.
3° palier
La grande salle fait 14m25
de longueur, du nord au sud. Le front est large de 3m07 ; il
s’étire à 4m45 dans le renflement de la tour du nord et à 4m80
dans celui de la tour du midi. La hauteur atteint 3m55 sous le
plancher. L’aire est coupé pour le passage de la 1° herse (manœuvrée d’ici) et son assommoir
et on y trouve les trappes correspondantes au niveaux inférieures. Les portes
menant au chemin de ronde sont hautes de 1m85 au nord et de 1m95
au sud, pour une largeur uniforme de 0m85.
La fenêtre de la tour du
nord sur la cour est intacte: 2 compartiments géminés sous la double
échancrure en segments d’un linteau avec une fine colonnette. Il y a 1 jour
dans chaque chambre, direction sud-est
La fenêtre de la tour du midi parait avoir été déposé de bonne
heure ; dans l’encadrement de la fenêtre romaine fut introduit le tableau
d’une porte gothique (1m98 x 0m80, murée) menant vers
l’aile sud du château ; le seuil est surélevée de 3 degrés au-dessus du
niveau de la salle. Une
échelle de meunier donnait au palier supérieur.
4° palier :
La hauteur dans les
renflements est de 3m20 jusqu’à la crête du crénelage. Sur le front,
3 meurtrières alternant avec 4 créneau de parapet dans chaque tour, 1 se trouve
isolée
dans la façade du corps de
liaison ; dans le dos plat on ne compte que 5 créneaux.
Sous les créneaux,
une double ligne d’ouvertures pour un hourdage extérieur contourne tout
l’édifice.
OBSERVATIONS:
- A l’origine, l’aile sud du château ne touchait
pas l’enceinte.
-
Primitivement, le poste de service était doté d’un monte-charge côté
cour (ouverture).
- Des graffiti modernes et sans intérêt dans les 2
chambres basses. Au 2° palier de la tour nord par contre, on trouve 2 graffiti
d’origine ancienne.
ESCALIER
COTE COUR
Une rampe extérieure était installé côté cour contre la
courtine est du rempart, montante de la cour d’honneur derrière de la porte est
vers le niveau du chemin de rondes en passant par l’entrée du 2° palier de la
tour nord. La volée mesurait 7m35 d’étendue en projection horizontale
et développait 30 marches.
La 30° marche était arasée sur le plan de naissance d’un cloisonnement de
bordure qui a exhaussé de 1m45 environ la crête de la courtine, un
remontage tardif.
mardi 16 juin 2026
LA PORTE AVEC SES DEUX TOURS
2) LA PORTE AVEC SES DEUX TOURS
Edifice barlong avec 2 tours d’appui à carcasses cylindriques, 4 paliers (dont 2 voûtés) et 3 zones de défense.
On ne pouvait monter aux étages supérieurs de cette porte
que par des escaliers de bois posés le long du parement côté cour de
l’ouvrage.
Toits aigus, conique du côté de la campagne, aplatis au-dessus du
dos plat (toit châtelet à 2
versants).
1° palier
La porte avec son arc surbaissé à 2m30 de hauteur est surmontée d’un autre arc en plein cintre culminant à un peu plus de 6m hauteur qui soutient le front est du châtelet Il qui abrite un assommoir et un herse. Une meurtrière sous cet arc fait partie de la défense directe de la porte.
Le passage pavé est large de 1m80
dans les 2 travées sous berceau surbaissé de 2m85 et 3m2s séparées par la coulisse de la 2° herse..
L’entrée dans la tour du
midi se trouve derrière une porte (2m15 x 0m62) dans
le passage couvert, à 0m60 de la fin. Suit un parcours de 2m17
en 2 paliers consécutifs avec un degré de 3 marches.
L’entrée dans la tour nord est
situé dans la cour du château à 1m au-dessus du sol, initialement
rachetée par un escalier de 5 marches montant vers une baie de 1m90
sous l’échancrure cintrée du linteau.
Les chambres
basses des tours sont tracées sur un diamètre de 3m (tour du
nord) et 3m15 (tour du midi), répondant à des hauteurs de 3m30 et
3m50 au sommet des calottes. Il y a une trappe rectangulaire dans chaque
calotte, côté renflement. A la bordure du noyaux circulaire de chaque chambre,
les 3 niches des meurtrières rayonnantes sont conjuguées par leurs
cloisonnements d’appui. Les éléments d’une arcature de 3m20 à la clé
de des berceaux surbaissés enjambent des fronts d’ouverture de 1m58
– 1m70 sur une profondeur d’embrasure de 1m40 – 1m45.
2° palier
Sur l’enjambement de la porte,
le réduit du poste de service couvre un emplacement rectangulaire de 2m40 sur
2m30 sous un berceau surbaissé de 2m55 de hauteur, orienté en direction du
passage inférieur. Le poste est sectionné du nord au sud pour le passage de
l’assommoir et de la herse intérieure. Un regard permet la vue sur le pont et
la barbacane, une baie sur la cour du château éclaire le réduit. Dans les
flancs, 2 passages sous plafond rejoignent les chambres des tours, après 1m75
de parcours vers le nord et 2m vers le midi. Le plan de piste est
exhaussé à 0m20 de la surface du réduit central et à 0m45
de l’aire circulaire des tours.
lundi 15 juin 2026
LE PONT DE LA BARBACANE DU CHATEAU
Le passage a été transformé dans sa forme actuelle au début du XVII°
siècle ; les arches rustiques en maçonnerie pleine reposent sur les piles
du XIII° siècle.
LE PONT
Le fossé qui, sur 3 côtés,
entoure le château, se déploie sur 183m20 de longueur totale.
L’ancien état de la circonvallation n’existe plus qu’en bordure de la corde de
la barbacane, le long du revêtement d’appareil qui habille, de pied en cap, la
contrescarpe profilée en en talus abrupt. A l’entrée du pont, la dénivellation
plonge à 4m10 entre la crète et le pied du talus ; cette cote
paraît représenter la profondeur du fossé dès le XII° siècle. La largeur de
25m80 par contre, que l’on mesure au même endroit, ne parait applicable qu’au
fossé agrandit du XIII° siècle. Une partie des terres extraites, à cette
époque, a pu servir à exhausser le sol de la cour d’honneur du château. Le
reste est venu augmenter le volumineux dépôt qui arrondit en croupe le versant
du plateau, sous le pied du châtelet et de la tour Pinte (cette croupe a été
remodelée lors des travaux de renivellement en 2019).
Au XII° siècle, un ponceau
droit permettait de traverser le fossé ; une passerelle, qui pouvait être
enlevée en cas d’alerte, couvrait un espace vide entre la tête du tablier
dormant et le seuil de la porte. La culée d’ouest occupe l’emplacement de la
basse fossé du XII° siècle, dont le fond a été remonté au niveau de l’entrée au
moyen d’un remplissage de maçonnerie.
Au XIII° siècle, avant que les nouveautés
techniques (pont-levis, pont à trébuchet) ne fussent opérationnelles l’accès
était assuré par un simple pont dormant et le fossé devant l’entrée était
couvert d’un tablier mobile. Lors de l’élargissement du fossé, le pont
s’allongeait sur 3 nouvelles piles jusqu’à la culée de l’est. Des 4 travées
ainsi nouées en ligne droite, les deux premières en partant de la contrescarpe
s’ouvrent à 5m75 et 5m55 ; les 2 suivantes ne font
que 2m70 et 2m40 d’un montant à l’autre. Les piles intermédiaires ne montaient qu’à
0m85 au-dessus du fond du fossé ; les pilotis de soutien du pont dormant
s’érigeaient verticalement sur ces maçonneries basses. Tout l’appareil de
charpenterie du pont de 5m en largeur était facilement démontable
quand l’intérêt de la défense l’exigeait.
Photographie Archives Nationales
dimanche 14 juin 2026
La Barbacane 2
1) LA
BARBACANE
La barbacane est une construction arrondi sur 41m60 de corde et 19m15 de flèche. Les extrémités de cet arc sont reliées au fossé du château par 2 tronçons droits de 7m50 au nord et 5m75 à midi. L’arrêt septentrional plonge dans le fossé en dépassant de 0m97 le talus de contrescarpe.
Le chemin de ronde se trouve à une hauteur d’un peu plus de 4m ;
sa largeur passe de 0m90 environ du segment méridional à 1m
environ du segment septentrional.
L’accès se fait à travers d’un corps de garde rectangulaire à 3 faces pleines et ouvert à la gorge, élevé d’un étage sur plancher.
L’ arcade extérieure en plein cintre de 4m90 de hauteur est
suivi d’un assommoir de 1m60 de largeur qui défend le vantaux. Derrière cet assommoir, l’arcade intérieure
de la porte enjambe avec son arc brisé
érige de 4m50 d’élévation un seuil de 2m68. Deux battant
ferrés sur d’énorme gonds s’adossent intérieurement aux pieds-droits d’une
arrière-voussure, haute de 5m40 à la clé du berceau surbaissé. Suit
un préau ouvert d’une surface de 5m60 sur 2m80 avec 2
placards rectangulaires dans les murs latérales.
Le palier supérieur possède, grâce à une forte retraite de la
maçonnerie, une surface un peu plus de 34m² (à 6m30 de
hauteur de la construction) et une
hauteur de 2m55 sur un plafond de 0m35. Il est doté de 3
fenêtres et 4 meurtrières en alternance au front et d’une meurtrière entre 2
fenêtres au côtés. Deux portes rectangulaires (2m22 x 0m81
et 2m28 x 0m79) s’ouvrent sur le chemin de ronde que l’on
rejoint via six marches.
L’édifice est coiffé d’un comble
pyramidal à base rectangulaire.
OBSERVATIONS:
- La porte de la Barbacane et la porte Est du château ne
se trouvent pas en perspective rectiligne ; les axes des 2 passages se
coupent suivant un angle d’environ 11 degrés.
-
Il est certain que le sol de la place d’armes et du chemin de ronde étaient
liés mais suite au renouvellement complexe de la barbacane on ignore par quel
moyen (rampes de pierre, escalier en bois) et à quels points de la boucle.
L’existence d’un escalier extérieur au corps de garde décrit par Viollet-le-Duc
ne peut pas être confirmé.




_A8294%20GEORGES%20CHEVALIER%2025%20AV%201916.jpg)














