samedi 6 juin 2020

Le rempart des Francs




Le rempart franc

Après avoir étudié le rempart gallo-romain début avril, nous examinerons aujourd’hui le rempart des Francs.




Ce rempart est construit, sous la direction des ingénieurs du roi, en trois grands chantiers :

chantier (règne Louis IX) : 1228-1239
2° chantier (règne Louis IX) : 1240-1245
3° chantier (règnes Philippe III et Philippe IV) : 1280-1287

Le premier chantier 1228-1239 est une entreprise considérable, gérée par les sénéchaux Eudes de Queux et Jean de Fricamps.
Après l’annexion de Carcassonne au domaine royal de 1226, il y a urgence pour les occupants franchimands de se donner les moyens de défense contre une attaque des troupes espagnoles ou simplement contre une révolte des habitants de la région. La construction de l’enceinte extérieure, la transformation de l’enceinte intérieure et la fortification du château commencent. La réfection sur plan neuf de la tour de Justice, très proche du château, fait partie de ce chantier.
Il nous reste un exemple d’une tour gallo-romaine refaite par les Francs pendant cette période et finalement détruite au cours du remodelage de l'enceinte : la tour méridionale du reste de l’enceinte primitive derrière le nouveau mur franc entre la tour du Tréseau et la tour du moulin du Connétable : sur la photo on reconnait aisément le nouveau parement du Moyen-Âge. Le tronc de la tour détruite vers la tour Cahuzac montrait que cette tour avait subi le même traitement mais, malheureusement, il a été réenfoui.







Le nivellement des lices provoque de gros problèmes de solidité des murs gallo-romains [voir l’article « Tours penchées » du 31 janvier 2020]. Les ingénieurs royaux maîtrisent certes à la perfection leur reprise en sous-œuvre, mais sur le plan efficacité militaire, ça représente plutôt un pis-aller. Mais l’urgence de l’œuvre menait à l’acceptation de cette solution boiteuse (qui n’a jamais été corrigée).

Le deuxième chantier (sénéchaux Guillaume des Ormes et Hugues d’Arcis) est plutôt maigre : Le rempart existant avait donné satisfaction pendant les combats acharnés pendant le siège par le dernier Trencavel en 1240 ; il fallait entreprendre la remise en état des parties endommagées (barbacane Narbonnaise ou st. Louis, la tour de Bénazet ainsi que deux pans de l’enceinte extérieure au Nord et au Sud-Ouest près de l’enclos de l’évêché) et surtout la rectification du périmètre de l’enceinte extérieure sur le front oriental entre l’échauguette de l’Est et la barbacane st. Louis avec la tour de la Vade et la tour de la Peyre suite au démantèlement du faubourg sant Miquel.

Le troisième chantier (sénéchaux Philippe de Monts, Gui de Nanteuil et Jean de Burlas) est le plus important : Construction de la porte Narbonnaise, de la tour du Tréseau, réfection complète de la tour Balthazar, remodelage complet de l’enceinte intérieure (exception faite du front Nord et de la zone du château) avec les tours carrées de l’Évêque et st. Nazaire, des ouvrages très puissants, entièrement neufs, construits sur les points essentiels et qui se signalent à l’attention par un appareil à bossage caractéristique. Ailleurs, on n’hésita pas à réutiliser les fortifications anciennes en leur faisant subir de profondes transformations.
Ces réalisations du milieu du siècle commandées par le roi étaient extrêmement soignées ; elles démontraient un sens aigu du travail bien fait, un goût d’unité alliant solidité et beauté, la volonté de construire des bâtiments munis des ultimes perfectionnements.




Les particularités de la construction
Les élévations du moyen âge sont formées d’un noyau de blocage [formé de blocs de pierre gros ou menus jetés pêle-mêle dans un bain de mortier] contenu entre deux parements d’appareil.
L’appareil du XII° siècle expose bien ses assemblages réguliers au bas des façades du grand corps de logis rectangulaire qui sépare les deux cours du Château.




L’appareil à bossage de la fin du XIII° siècle met en œuvre des éléments plus volumineux.



La hauteur d’une courtine doit se régler d’après celle que l’escalade peut atteindre. Lorsque l’enceinte est double, la crête de la ceinture extérieure est tenue à un niveau assez bas pour qu’un tir à longue portée puisse passer par-dessus.
Les courtines de l’enceinte intérieure qui procèdent, de pied en cap, du programme de reconstruction exécuté au XIII° siècle, montent à 15 et 17m au-dessus des lices (parapets non compris), celles de l’enceinte extérieure s’élèvent en correspondance de 8 à 11m. Les épaisseurs ne se présentent plus dans le rapport de 1 à 3, comme dans la muraille gallo-romaine ; la résistance des parements assurait au Moyen Âge la possibilité d’appareiller sans risque des fronts de défense 5 et 6 fois plus hauts qu’épais.
Les tours mesurent le plus souvent de 22 à 30m, parfois avec une grande différence entre les niveaux côté ville et côté lices (la tour du Tréseau porte son pignon à 30m sur la ville alors que sa hauteur est de 37 m). L’épaisseur des murs est généralement de 2m70 à 1m10 de pied en cap (les tours de la Porte Narbonnaise mesurant 4m10 à 2m10 de pied en cap).
Malgré la menace de l’anathème prononcé par le pape, Philippe II l’Auguste avait introduit l’arbalète dans son armée à cause de son performance [distances effectives de combat : pilum env. 20m, arc env.60m, arbalète env.100m] qui permettait l’allongement non négligeable des distances entre les tours ; enceinte intérieure : 35, 40 et 45m ; enceinte extérieure : communément 50 et 55m mais 65m entre le Grand Canissou et le Grand Burlas, 64m50 entre la Crémade et la Cautière et même 80m de la Vade à la Peyre.

Conclusion :
On remarque l’évolution dans les principes de la défense envers l’enceinte gallo-romaine : la riposte verticale n’est pas abandonnée (hourds, bretèches et assommoirs) mais le souci est aussi de pouvoir atteindre l’attaquant au loin (tir tendu des arbalètes, encore plus dangereux si déclenché près du niveau du sol). L’observation est donc encore plus importante (p.ex. les hautes et fines guettes de la tour du Tréseau).
L’existence d’une double enceinte permet d’opposer à l’ennemi deux lignes échelonnées de défense.




  
Deux remarques :

1)       Il ne faut pas oublier que les portes d’entrée des tours (comme des poternes) se trouvaient en règle générale dans une certaine hauteur nécessitant un moyen auxiliaire pour y arriver (un escalier en bois, une échelle) ; ce n’est que de nos jours et pour accommoder le passage des touristes que l’on a remplacé ces moyens par des escaliers fixes (en tranchant parfois même dans la maçonnerie antique). Dans un but mercantile on a défiguré la conception défensive des remparts…

2)      Les éperons en accolade, dont les tours furent dotées à cette époque, étaient, d’après certains chercheurs, destinés à renforcer leur résistance à une attaque frontale en détournant les chocs du bélier ; concernant les pierres à bossage ils avancent que la forme bombée permettait un dégagement latéral de l’énergie reçue lors de l’impact d’un projectile en limitant ainsi les dégâts. Pour ma part (et j’ai trouvé des notes de spécialistes qui me confirment dans mon opinion), je suis persuadé que la combinaison de l’appareil à bossage et du plan à éperon ne servait que peu à quelque fonction défensive plus ou moins illusoire mais qu’il s’agit avant tout d’un élément architectural destiné à dégager un aspect de solidité et de puissance ; dissuasion adressée à un attaquant potentiel :
« N’essaye même pas de m’attaquer, je suis plus fort que toi » !



Sources :
- POUX J. « La Cité de Carcassonne, l’épanouissement (1067-1466) », Privat 1922, tome II p. 17-57
- BRUAND Y. « Les enceintes fortifiées » dans Société française d’Archéologie, Congrès archéologique de France 131, Session 1973, Pays de l’Aude, AD11 : 770.94448 CON pp.497-515
Texte JP Oppinger

dimanche 24 mai 2020

André Dupuy



C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès de Dédé Dupuy et nous regrettons de ne pas avoir pu assister aux funérailles pendant cette première période de déconfinement. 
La famille Dupuy en très peu de temps a perdu trois membres de la fratrie, tous estimés par la grande famille citadine.

A tous les siens,à son épouse Claude,à sa fille Myriam nous présentons nos amicales et sincères condoléances.
los ciutadins.
Photo Cécile Cousteau.

Trois copains citadins de l'époque Dedé, Robert Franc et assis Jojo Cousteau





Période de déconfinement



Pendant cette période de déconfinement un plan de circulation a été mis en place à l'entrée de la Cité Porte Narbonnaise.



De part et d'autre du Pont Levis, de gros panneaux préviennent les visiteurs des distances à respecter, du port obligatoire du masque et des sanctions encourues.

La circulation dans les rues étroites se fait sur la droite. Donc les visiteurs doivent se tenir à la queue leu leu, bras tendu à l'avant, pas plus d'une personne au mètre carré,  impossibilité de zigzaguer, d'aller d'un magasin à l'autre. On croit rêver, qui a pu faire un tel aménagement!!!.
Imaginez un club du troisième âge de Castelnaudary venu  passer une après midi de détente à la Cité, imaginez 50 personnes âgées, masquées, respectant les distances imposées qui montent la rue Cros Mayrevieille en rang pas serré ... pas comme à l'armée!!!!




Evidemment aujourd'hui très peu de visiteurs pour flâner dans les ruelles citadines, la distance du rayon de 100 km limite la possibilité de venir voir ou revoir notre monument qui, faut bien le dire  semble avoir été laissé à l'abandon, sans aucun entretien des lices ou des fossés.



photographies Guy Blanc

jeudi 14 mai 2020

Début de la période de déconfinement 11 mai 2020


Après de longues semaines de confinement, il fut décidé que nous pourrions désormais, après le 11 mai, quitter nos maisons pour retrouver progressivement une activité normale.
Il y a évidemment des contraintes, port du masque, distanciation sociale de 1 mètre et possibilité de sortir sans justificatifs mais dans un rayon de 100 km à vol d'oiseau. Par contre les commerces de bouches, les bars, sont fermés jusqu'à nouvel ordre.



mardi 12 mai 2020 

A la Cité de Carcassonne il semblerait que la préfète n'ait pas donné l’autorisation aux commerçants d'ouvrir leur boutique. A ce jour la Cité est théoriquement fermée. Par contre quelques touristes sont dans la cité avec l'espoir d'une visite.(?)



 Mercredi 13 mai 2020 paraissait un article dans le journal l'Indépendant

La préfecture de l’Aude a annoncé une série de mesures ce mercredi 13 mai. 
Il sera désormais possible de déambuler dans les rues de la Cité. Dans la stratégie locale de déconfinement pour le département de l’Aude publiée ce mercredi 13 mai sur le site de la préfecture, il est précisé que la Cité de Carcassonne "est ouverte au public dans le respect des mesures barrières et du sens de circulation".
Toujours dans ce document, on apprend que les lieux culturels, musées et monuments "doivent faire l’objet d’une demande d’ouverture auprès de la préfète de l’Aude", laquelle a déclaré ce vendredi 8 mai que ces demandes seraient examinées "au cas par cas".


Deux mois après le confinement respecté scrupuleusement par les Carcassonnais, la cité revêt un caractère d'abandon. L'herbe a envahi jardins et lices. Une toilette printanière s'impose!!! peut être aurait il été judicieux d'autoriser le personnel d'entretien à s'activer pendant ce confinement... Il ne risquait pas plus qu'au supermarché.

Photographies G.Blanc





vendredi 1 mai 2020

1er Mai 2020


Joli mois de Mai que m'apportes tu ?.............





J'ai connu des premiers mai où l'on grelottait, j'ai connu des premiers mai sous la pluie, j'ai connu des  premiers mai très chauds mais je n'ai jamais connu un 1er Mai tel que nous le vivons aujourd'hui, en étant confinés.

Certes, les derniers 1er mai n'avaient pas la même intensité que ceux de ma jeunesse où chacun était fier d'appartenir à une classe laborieuse et qui sortait dans la rue célébrer la fête des travailleurs.

Fête du travail depuis 1890, elle devint jour chômé et payé puis, progressivement, jour de congé ordinaire, seul le brin de muguet est offert traditionnellement.
Pour beaucoup de jeunes, le 1er mai est le jour de la vente du muguet porte bonheur.


jeudi 30 avril 2020

LA GALERIE DITE " ALLEMANDE "





La galerie dite « allemande »

Avez-vous entendu parler d’un souterrain sous la place Marcou ? Moi aussi, mais des souterrains dans la Cité, on en parle beaucoup donc je ne m’y accrochais pas, mais sans oublier le sujet.
Et un jour, je tombais sur deux dessins de Jacques Ourtal, réalisés en 1944.

[Ourtal est un peintre un peu oublié dans sa ville natale Carcassonne (1868-1962), toutefois Winston Churchill et John Kennedy étaient en possession des toiles de sa main].



Le premier dessin montre une entrée dans cette galerie qui se trouvait sous le pont traversant le fossé du château avec la note : « Entrée d’une Écoute dans les Fossés du Château », le deuxième une sortie dans les lices qui porte le commentaire suivant :




avec un ajout postérieur



« Cette ouverture de Trauquet à environ 40 mètres des tours Narbonnaises – elle a été comblée en 1945 – »




Et là j’ai vraiment commencé à chercher !


En fouillant dans les archives du Ministère de la Culture (base Mistral/Mémoire), j’ai trouvé la photo suivante, N° sap01_73n00061_p :





L’auteur de l’original est Henri Nodet fils, architecte en chef des monuments historiques (comme déjà son père avant lui) entre 1920 et 1956, c’est une base fiable. La recherche continua donc dans les Archives départementales de l’Aude.

Résultats :

Au printemps 1944 les Allemands investirent complètement la Cité. Les habitants sont évacués, les portes murées. Fin août 1944 ils quittent la place et les habitants reviennent.

[Un jour, Elia ( Cousteau) m’a raconté qu’elle était la première à revenir à la Cité, après signature auprès des autorités que ce retour était à ses risques et périls.]

En revenant dans la Cité les habitants découvrent alors l’existence de cette galerie, au moins la plupart d’entre eux ; j’y reviendrai …

Le tracé de la galerie (partie gauche du plan) commence bien dans les douves du château sous le pont entre la Barbacane et le château et continue vers une ouverture dans l’enceinte intérieure entre les tours Trauquet et st. Sernin avec une longueur de 130m environ ; il ne passe pas sous les maisons.

Il touche par contre la base du clocher de l’église st. Sernin.


Dans le massif de la fondation se trouve une salle du Moyen Âge d’environ 12 avec une voute en berceau (partie droite du plan) ; devant son mur méridional on voit dans un fossé le passage de la galerie (La photo est extraite du reportage RMC DECOUVERTE du 24 avril 2019, rediffusé le 08 avril 2020).




Entre la salle souterraine et la sortie dans les lices, la galerie était doublée sur 13m avec une distance de 4m environ.

La galerie se trouvait à un peu plus de 5m sous terre ; elle était haute de 1m80 et large de 1m20 environ (comme on peut vérifier sur le plan). Les Allemands avaient installé un boisage [Ensemble des étais en bois qui soutiennent la galerie] dans des règles de l’art qui, manque d’entretien, pourrissait au cours des années, entraînant des affaissements du sol de la place Marcou.


Dans les années 1953-1954, la galerie a été comblée par puits, comme on le voit sur le plan de Nodet (partie droite en haut).

[La date du plan original de Nodet est 1952, le problème a donc dû être connu bien avant 1953 puisqu’il montre le comblement, au moins planifié ; il y a peut-être erreur concernant la date du 13 avril 1953 dans le document des Archives départementales.]

Ouvertes restent par contre nos questions :
- Pourquoi les Allemands ont-ils creusé à cet endroit ? Pour abriter leurs munitions, comme on croit souvent, il y avait quand-même assez de caves souterraines mieux adaptées. Pour chercher des trésors ?
- Il semble bien qu’il y avait déjà des vestiges avant eux ; qui les y a dirigés ?

Mais, comme nous apprend Gilbert Barnabé, un autre enfant de la Cité : « Le convoi (des Allemands qui avait abandonné la Cité au soir du 24 août 1944) fut mitraillé par l’aviation allié sur la route qui longe la plage entre Agde et Sète. …Cette route garda très longtemps encore les traces zigzagantes des rafales de balles dans son bitume ».



Source : Document AD11 : 1046W17
Texte JP OPPINGER






lundi 27 avril 2020

La Cité de Carcassonne (Charles Trenet) par le Coll orchestra

Jérémy Montana - Carcassonne

Michel Sardou - Carcassonne

George Brassens - Carcassonne

Période de confinement à la Cité 17 mars 2020 11 mai 2020




C'est la première fois de mémoire d'homme que la Cité connait un tel silence, tout semble irréel. La Place Marcou qui, depuis les années 80 est occupée quotidiennement par des touristes venant déguster une boisson, un apéro, une limonade, un café ou bien prendre un repas à l'ombre des nombreux parasols est vide.
Serrés les uns contre les autres les fauteuils accueillaient les touristes, dans un espace restreint...



Dans la rue principale, la rue Cros Mayrevieille, les rideaux sont baissés, un silence lourd et pesant inquiétant même y règne.
Dans cette rue animée où il est parfois difficile de se créer un passage, les quelques habitants isolés et confinés ne sortent uniquement que pour s'alimenter.

photographies G.Blanc

Les parkings sont désespérément vides. Les caisses enregistreuses se sont tues et c'est dramatique  pour l'économie locale qui a tout misé sur le tourisme de masse.
L'ancien village qu'était la Cité a perdu son âme, hier, en période hivernale, lorsque les rues étaient désertes on sentait malgré tout la vie, une personne qui fermait les volets, un cri de gosse, une porte qui claquait, un chat qui s'enfuyait devant les aboiements d'un chien. Aujourd'hui c'est différent un  silence mortel a enveloppé la Cité.
Qu'adviendra-t-il demain de tous ces commerces et notamment les commerces de bouches où la moindre salle à manger était transformée en restaurant ???

Hier un slogan était répété et même chanté : "" Il ne faut pas mourir sans avoir vu Carcassonne"" Nous souhaitons aujourd'hui, après le confinement imposé, que cette invitation à venir à Carcassonne Bastide et Cité soit écoutée par de nombreux touristes.





Hier et aujourd'hui rue du Plô





La rue du Plô a bien changé depuis les années 50/60. Hier, cette rue ne possédait aucun commerce, aujourd'hui, cette rue ne possède aucune maison d'habitation. En effet la maison familiale de Joseph et Vincente Arino, dernière maison de la rue à ne pas avoir été transformée, arbore aujourd'hui deux magnifiques vitrines.



Photographie G.Blanc



lundi 13 avril 2020

Lundi de Pâques





Il est des traditions, comme le Lundi de Pâques, qui sont incontournables. Depuis des années, pour ne pas dire depuis toujours, le Lundi de Pâques est un moment de fête, pour la jeunesse, un moment de liberté, le printemps est là, qu'il fasse beau ou mauvais temps les excès sont permis puis vient le temps de la maturité, le temps des retrouvailles, du bonheur d'être ensemble, du partage, des souvenirs, vient alors le temps qui passe trop vite où des êtres qui nous sont chers nous quittent, absents à la tablée mais O combien présents.

Cette année 2020 restera à jamais gravée dans nos mémoires, c'est le temps du confinement, du repli sur soi, tous, à notre manière, faisons le Lundi de Pâques enfermés chez nous, heureusement qu'existe internet, les liens qui nous unissent ne sont pas totalement interrompus. Depuis plus d'un mois éloignés de nos enfants, de notre famille, de nos amis  nous espérons que le temps des retrouvailles est proche .......
Amicales pensées à vous tous et à bientôt.



samedi 11 avril 2020

La Porte d'Aude




( Archives Départementales)
En 1789  pour des raisons de sécurité il fut décrété que la Porte d'Aude serait fermée de jour comme de nuit excepté le Dimanche et les fêtes de 6h du matin à 5 heures du soir. Transmis aux Capitaines et Lieutenants des quartiers Cité, Trivalle et Barbacane
Voir délibération ci-dessous








Devant les contestations de plusieurs  habitants, la mesure fut assouplie. La porte d'Aude serait ouverte depuis le soleil levant jusqu'au coucher du soleil, mais sera fermée toute la nuit.


Cependant l'assouplissement de cette mesure s'accompagnait d'une autre mesure restrictive avec la création d'un mur entre les deux remparts de la Tour de l'Evêque.



Cette mesure fut-elle suivie d'effets? Dans mes recherches je n'ai pas trouvé dans différentes délibérations une quelconque construction d'un mur, mur qui, probablement n'a jamais vu le jour.
 Mais sait-on jamais ???




mercredi 8 avril 2020

Réunification de la Ville Basse et de la Ville Haute



Aux archives départementales  texte concernant la Cité et la ville Basse qui possédaient chacune une municipalité



Ville Haute et Ville Basse réunies: un seul maire et deux adjoints lettre du 23 Prairial An 8 ( 1er juin 1800)













jeudi 2 avril 2020

La peste noire



La période actuelle de confinement est très difficile à vivre pour tous. Nous, qui sommes habitués à vivre en société avec des parents, des amis, sommes coupés de toute activité sociale, isolés dans notre maison ou appartement avec des informations journalières anxiogènes que nous cherchons et trouvons sur nos petits écrans. 
Cependant nous vivons au 21ème siècle et nous savons que la médecine, sans être une science exacte, a fait d'énormes progrès depuis cette époque lointaine ou sévissait la peste. Dans une revue Toulousaine l' "Auta" avec comme devise "Que bufo un cop cado mès" j'ai trouvé un article fort intéressant sur la peste noire. Ci-joint un extrait.  











mercredi 1 avril 2020

L'enceinte Gallo Romaine de la Cité




L’enceinte gallo-romaine de la Cité
Au début de notre ère, sous le règne d’Auguste, petit-neveu et fils adoptif de Jules César, Carcassonne devint le chef-lieu de la nouvelle colonie « Julia Carcaso ». En réponse à la menace par la migration des Barbares, on décida à un moment de fortifier ce centre administratif. À la tête de la construction se trouve un « commandant des camps » (praefectus castrorum) avec le grade d’un général. Il était responsable de l’établissement du camp, particulièrement de l’évaluation des remparts et des fossés. Il fut secondé par un officier spécialisé dans le génie : le « praefectus fabrorum », le chef des artisans, qui avait sous sa coupe les maçons, les ingénieurs, les charpentiers ou encore les artificiers.
La grande majorité des soldats n’était pas spécialisé dans un métier quelconque ; ils ne devaient leur savoir-faire qu’à l’exercice et qu’à leur encadrement par les soldats-artisans mais ils excellaient dans la construction d’infrastructures liées à l’armée, comme nous pouvons encore le constater de nos jours (Le mur entre la tour du Moulin du Connétable et la tour de la Chapelle nous donne encore une bonne idée de l’architecture militaire romaine).
Et avant la construction de l’enceinte elle-même, d’importants remaniements furent exécutés sur le site actuel de la Cité. Le plateau incliné qui lui sert d’assise fut alors consolidé et élargi par des nivellements et des remblais qui pouvaient atteindre plusieurs mètres de hauteur.




Cette enceinte antique suivit en gros le tracé de l’enceinte intérieure actuelle. On croyait longtemps qu’elle coupait la pointe sud-ouest sur un léger arc allant de la tour de l’Évêque à la tour st. Nazaire, mais en 1935 on a découvert les vestiges d’une tour gallo-romaine dans les lices, au pied du Grand Burlas. Lors de la construction de l’enceinte extérieure au XIII° siècle, cette tour gênait la libre circulation dans les lices et les franchimands l’éliminaient en la faisant tomber par terre ou elle s’écrasait contre le Grand Burlas. De construction solide, elle restait presque intacte et on se bornait à la couvrir de terre, dégageant ainsi la voie.




Il y a encore la souche d’une autre tour romaine (après découverte vite réenfouit au ras le sol) à côté de la tour Cahuzac qui confirme que cette enceinte s’avançait dans ce secteur jusqu’au tracé du rempart extérieur actuel.




L’enceinte comportait un peu plus de 1200 mètres de remparts avec un certain nombre d’entrées et une trentaine de tours, situées à des intervalles plus ou moins réguliers. La hauteur du mur est de 7 m en moyenne, l’épaisseur de 3m20 Les fondations fort larges mais peu profondes (1 à 2 mètres) sont faites de 2 ou 3 assises de gros blocs de pierre, complétées d’une épaisse couche de mortier très dur.

Sur une base cubique, les tours se présentent sur un plan en forme de fer à cheval, semi-circulaires vers l’extérieur et plates vers l’intérieur (à part la tour Pinte). Cette forme offre une bonne résistance au bélier et autorise des angles de tirs multiples. Le premier niveau, le « fût », est construit en maçonnerie pleine jusqu’au chemin de ronde servant de contrefort à la muraille, d’où l’autre appellation « corps plein ».
Au-dessus suit le « corps creux » avec les salles de défense, séparées par des planchers. Au deuxième niveau, trois larges fenêtres en plein cintre permettaient le lancement du pilum (sorte de grand javelot) ou le maniement de la fronde.




Par contre on ne trouve pas de trace d’archères puisque l’arc ne rentrait pas encore dans la dotation de l’armée romaine. Pour les Romains de l’époque, l’archer ne faisait pas partie de ceux que l’on pourrait nommer les « guerriers honnêtes » ; le guerrier par excellence était personnifié par le légionnaire ; et comment cette valeur conceptuelle ne nous ferait pas penser à celle attribuée initialement à l’arbalète du Moyen Âge, arme indigne du combattant noble ?
La disposition du troisième niveau est incertaine suite aux multiples modifications réalisées dans la suite.
La hauteur primitive des tours était de 12 à 14m environ. L’épaisseur du mur va de 1 m à 0,50 m de pied en cap. L’efficacité des armes de jet étant limitée, l’espacement entre les tours comptait généralement moins de 30 mètres.

Ce rempart gallo-romain de Carcassonne possède des particularités qui sont intéressantes :
Presque toutes les enceintes romaines de la Gaule ne se composent généralement que d’un revêtement de pierre renfermant un blocage (en latin 0opus caementicium ; on construisait les deux parois du mur et on remplissait l’interstice de blocs de pierres gros ou menus jetés pêle-mêle dans un bain de mortier). À Carcassonne, la constitution d’un noyau interne a invariablement précédé l’élévation des plans de parois. Du temps de Joseph Poux, la muraille était encore largement écorchée à certains endroits (aujourd’hui rénovée) et c’est ainsi qu’il peut nous apprendre que « Ce noyau est composé de pierres et de mortier en couches alternatives ; il a été agrégé élément par élément, le maçon enfonçant chaque pierre dans la masse plastique et façonnant à la main le mélange pour réaliser un tout homogène ». Ailleurs, une telle procédure n’a pas été observée que dans le rempart de Senlis.

Une autre particularité concerne l’emploi des briques rouges dans la muraille :
Le briquetage ne pénètre jamais dans le massif de remplissage ; il s’agit donc seulement d’un accessoire du parement façonné uniquement pour conserver le niveau dans les assises de revêtement.
À part de rares assemblages, comme le bandeau d’opus spicatum (appareil en épis) de st. Sernin et les demi-lunes de la Marquière, nous trouvons des cordons de briques en haut des courtines, qui se prolongent et multiplient sur l’arrondi des tours mais c’est la position nettement asymétrique de la plupart des combinaisons frustes dans les murs qui nous surprend.





Conclusions :
La défense reposa alors sur deux principes :
- briser les assauts grâce à la solidité des murailles et des tours d’une part (passif) et
- infliger des pertes à l’ennemi grâce au tir vertical du sommet de celles-ci et depuis les tours d’autre part (actif).

Étant donné le vaste périmètre de l’enceinte gallo-romaine, env. 1200 m de circonférence, il est clair que la construction ait durée un certain temps. Son existence est attestée en 333. Les rares indices archéologiques existants laissent cependant supposer que certaines parties, au moins, sont antérieures au début du IV° siècle ; la fortification de la Cité a certainement été entreprise à une époque où la pression provoquée par la « migration des Barbares » n’était pas trop forte mais assez menaçante pour rechercher la stabilité des remparts par un exceptionnel noyau en maçonnerie et en renonçant à une richesse ornementale de briquetage comme on les trouve p.ex. dans l’enceinte du Mans, construite à la même époque (mais par contre avec un simple blocage intérieur).




Sources :
- POUX J. « La Cité de Carcassonne, Les origines », Privat 1922, p.144-166
- BRUAND Y. « Chronologie et tracé de l'enceinte "wisigothique" de la cité de C. » dans "Mémoires et documents publiés par la Société de l'École de Chartres DROZ 1982 "Mélanges d'archéologie et d'histoire médiévales en honneur du doyen Michel de Boüard" Droz 1982, pp 27-37
- MOT G.J. « L’enclos capitulaire de st. Nazaire de Carcassonne » dans Mémoires de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne, années 1947-1948 3° série tome VIII
Texte de JP Oppinger