samedi 7 mars 2009

Contes et légendes

l'entrée de la cité, lieu de réunions

Après avoir gravi la montée Combeleran, j'arrivais au Préau, essoufflé par cet effort, je me suis assis sur le muret face à Dame Carcas . Deux hommes discutaient et j'entendais ce qu'ils disaient, je prêtais attention d'autant plus qu'ils parlaient de personnes connues de la City. ( Ciutat fait paysanas)

Côte de la Cité

J'étais assez intrigué , surement deux vieux citadins qui s'étaient perdus de vue et sur l'air" t'en souviens tu " parlaient de leur jeunesse, de la belle mimie qui avaient de gros seins, et de la grosse coquine qu'ils retrouvaient à la maison hantée, " t'en souviens tu ?"de leurs blagues de potaches lorsqu'il étaient short blouse grise brodequins, chaussettes en tire bouchon, dans cette école,dans leur école, où l'instituteur personnage important les avait marqué toute leur vie de son empreinte,"t'en souviens tu ?" avant de se retrouver à l'école Victor Hugo de la ville basse. " t'en souviens tu ?"lorsque nous revenions de l'école, tu t'arrêtais chez le boucher de la rue Trivalle" t'en souviens tu?"tu achetais un pied de porc que tu dévorais en montant la côte " t'en souviens tu?"Puis arrivé , ici au pieds de Dame Carcas, tu jetais les os dans les douves un peu en contrebas de la statue, " t'en souviens tu ?"
rue Trivalle

Cela me fit comprendre peut être cette histoire de quelqu'un m'a dit:
Il y a quelques années, alors que, comme d'habitude je venais m'assoir sur cette murette entre la statue et l'angle du pont levis, j'ai vu des personnes qui creusaient dans cet angle avec beaucoup de précaution, pinceaux , balayettes, et truelles étaient utilisés avec le pouce et l'index, le petit doigt levé était ce une infirmité ou des extras terrestres, je n'osais pas leur adresser la parole au bout de quelques jours, (je venais et observais tous les jours à la même place l'avancement des travaux leur petit doigt était toujours bloqué) au bout de quelques jours donc je pris mon courage à deux mains aux doigts normaux, et leur demandais: " alavetz cousi anatz ?"quatre yeux se tournèrent vers moi interrogatifs ( ils étaient deux), me scrutèrent de haut en bas, s'attardèrent sur mes chaussures, cherchaient ils de la paille?, humèrent toutes narines ouvertes l'air ambiant et dirent ensemble :" nous venir Paris" je leur dit: " bando d'amoris". Pas Moris! Paarriisss répondirent ils en ouvrant une bouche comme une carpe amoureuse ou pas mais de toute façon manquant d'air.après d'autres paroles aussi aimables les unes que les autres j'entendis pauvre bon !!!c'était vrai d'ailleurs j'étais bon et brave certain disaient même magnac alors que je m'appelais Armand, c'était un diminutif qui me collait bien à la peau.j'appris donc que c'étaient des chercheurs officiellement mandatés par Paris pour faire des recherches officiellement officielles, la légende de Dame Carcas les tracassait, les intriguait: d'autant plus que Dame Carcas d'origine Sarrasine élevant des cochons leur paraissait incongru par contre le lancer de cochons par dessus les remparts pouvait se révéler être un sport de citadins après l' absorption de vin d'une bouteille cachetée du Domaine des Albarels, propriété située à quelques longueurs de la Cité, près de Pennautier. Ces chercheurs cherchaient, creusaient, à cet endroit précis car selon eux, Dame Carcas étant une frèle femme de 50 livres, son lancer de porc ne pouvait pas être très important , tout juste devait-il atteindre le pont levis et si sa statue se trouvait à cette place c'était bien l'indice , la preuve qu'ils étaient sur la bonne voie.
les jours passaient, les semaines défilaient,l'hiver finissait , arrivait le printemps, fallait faire vite avant que les charters de touristes avide et affamés de culture, de cassoulet qui comme chacun sait, est un plat régional d'haricots brésiliens et de saucisse dite de Toulouse, et surtout de vin des Corbières, de la Malepère ou du Minervois qu'ils pensent être des mélanges de vin de Bordeaux et d'Espagne.
Enfin le 19 mars à 17h36 la découverte d'un os fut fêtée en grande pompe par nos chercheurs qui avaient appris la danse locale lors d'une cérémonie initiatique secrète appelée Porte Lampe.
Cette danse sacrée, demandait des heures et des heures de répétitions et c'était sur leur temps de sommeil qui était syndicalement parlant confortable et dépassait largement les 8 heures. N'ayant pas de métro à prendre les 8 heures de métro étaient transformées en 8 heures supplémentaires de Dodo non rémunérées cela va de soit.


Cette danse commence ainsi (version soft) Tandis que Jules Thercule
Cyprien est musicien
Papa somnambule

1er et dernier couplets répétés ainsi plusieurs heures durant demande un effort physique considérable . Le reste des paroles ayant été oubliées soit dans un souterrain, bouché en catimini par des citadins qui ne voulaient pas avoir de problèmes avec les Monuments dits historiques, soit jetées au fond du Grand Puits qui garde encore jalousement bien des secrets dans ses profondeurs.
le lendemain du 19 qui normalement est le 20 découverte d'un autre, puis deux autres, trois autres, un tas d'os furent découverts. Pour les analyses un laboratoire spécialisé avait dépéché deux éminents techniciens spécialistes de recherches particulièrement difficiles.
ces techniciens , accrocs à une boisson anisée, avaient leur QG à la taverne de la rue du Pont Levis à la Place Royale.
Après des heures et des heures de réflexions taverniques et d'imprégnation alcoolique,( depuis ce jour interdiction formelle de frotter une allumette et de fumer dans ces lieux publics ) ils découvrirent enfin que les os trouvés étaient des os de cochon, mais il y avait un problème, trop d'os de pattes pour un seul cochon mais pas assez pour deux. Ces os étaient bien conservés malgré tout ce temps passé dans la terre.
cette découverte historique, pouvait elle à elle seule justifier la légende de Notre Dame ? et bien oui!!! voilà enfin révélée la véritable histoire de Dame Carcas:
Dame Carcas, la neuve
Autrefois les gens vivaient en autarcie et dans chaque maison on élevait un cochon mais le cochon de la Cité avait une particularité que beaucoup enviaient, jusque dans les provinces Françaises au nord de Limoges.
ce cochon était en réalité un gros, énorme verrat, porté sur la chose et très bon reproducteur, il avait six pattes et que des jambons.
Les os méticuleusement analysés par nos techniciens accrocs à l'anis ( ils avaient subi trois ou quatre cures de désintox pas très loin de là, à Badens me semble-t-il)prouvaient la véracité du récit.
d'ailleurs lorsque Dame Carcas jeta par dessus les tours ce verrat, les assaillants venus de France se retirèrent aussitôt car ils n'étaient pas venu pour faire des galipettes, ni siffler sur la colline du Pech de Marie, seul le verrat les intéressait et pas la Cité, si belle soit elle avec ses toits d'ardoises bleues réfléchissant les rayons d'un soleil printanier, illuminant ces pierres vivantes de ces tours majestueuses élancées vers un ciel occitan au bleu (ciel évidemment) incomparable.
Ce verrat unique produisait en fait six jambons d'un coup, c'était donc commercialement parlant une bonne affaire, mais le verrat écrabouillé et bien mort, adieu la reproduction, le sperme de notre bestiole n'ayant pu être conservé dans les glacières creusées dans le roc citadin, suite à l'élévation de température du à un incendie, avait à tout jamais disparu. et c'est ainsi que l'on ne parla plus du verrat aux six jambons un peu comme l'élevage d'escargots qui périt d'une maladie orpheline (avait on dit à l'époque) l'histoire vous fut déjà contée le deuxième jour du deuxième mois de l'an de garce 2009.
Les chercheurs à la nuque raide n'en restèrent pas là et continuèrent leurs travaux d'autant plus que l'anis importé d'Espagne par les sentiers Pyrénéens de randonnées, coulait à flots dans la taverne du coin où le tavernier qui n'était pas blanc comme neige assurait la livraison du précieux breuvage.
En fait les Citadins, déjà à cette époque très intelligents, avaient réussi au cours du temps, à modifier génétiquement le squelette du porc, le secret fut longtemps gardé, il semblerait que Dame Carcas n'aurait pas apprécié ces manipulations qui d'après elle et par transmission aurait pu tout aussi bien transformer nos citadins en homme avec pouqrquoi pas trois ou quatre jambes.
d'où un travail considérable et supplémentaire pour les citadines de retailler les pantalons et refaire les slips au tricot , problème la laine faisait défaut en ces temps de crise et les feuilles de vignes sulfatées irritaient les parties. Ces femmes syndiquées, qu'elles étaient, à la Confédération Générale des Tricoteuses hurlèrent, s'agitèrent, vociférèrent, menacèrent et obtinrent gain de cause après une grève longue et pénible des sommiers. Dame Carcas avait un complice venu d'ailleurs, du pays des moutons sauvages qui manipulait tout ce mouvement de colère.
Ce monsieur s'appelait Joseph le Mové et était aussi opposé à toutes ces manipulations génétiques, il avait même ,menacé de démonter le Pont Levis dont le bois venait d'Amérique et les rouages , néttoyés, décapés par un breuvage venant de ce même pays, si l'on continuait à élever de tels cochons à la Cité.
le pont levis comme neuf

Dame Carcas avait profité de son sport préféré, le lancer de cochons, pour se débarasser de son verrat génétiquement modifié, en le lançant par dessus les remparts, écoutant ainsi le sage Joseph le Mové.
Les Chercheurs , cherchent toujours, ils ne savent plus quoi , mais ils cherchent, qui vivra verra est depuis ce jour leur devise.
Une chose aujourd'hui est certaine, c'est que les os de ces porcs étaient bien conservés car le charcutier de la Trivalle venait s'approvisionner à l'élevage du Chateau Vert (face à la Cité) que Joseph( l'autre) le dernier valet de ferme d'Henri , élevait avec beaucoup de soins; Peut être , étaient ils, ces porcs, les descendants oubliés dans la porcherie du verrat à six jambons.

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