vendredi 27 août 2021

Fin août à la Cité de Carcassonne





 La Cité a pu accueillir de nombreux touristes à l'intérieur et à l'extérieur de ses murailles et les commerçants interrogés sont moyennement satisfaits. Du monde certes dans les ruelles mais peu d'argent en circulation. Les touristes de passage ne sont pas tous des fumeurs mais voir le nombre de mégots trouvés dans des endroits divers et variés, beaucoup ne sont pas disciplinés et la voie publique ne devrait pas devenir un vaste cendrier.


Les escaliers du Parking sont jonchés de mégots un petit coup de balai s'inposerait.

Quant à la place Marcou,  la stèle de Marcou sert de cendrier géant.







lundi 23 août 2021

Ecole des garçons début des années 60

 



photographie de Nadine Arino

Sur cette photographie début des années 60, nous retrouvons nos septuagénaires citadins avec au dernier rang de droite à gauche Jean Pierre le 4ème Dédé au 1er rang Chanchou entre autres.....

dimanche 22 août 2021

Ecole des Garçons Cité 196...

 

Génération 1950.51




Photographie Nadine Arino

Sur cette photographie nous pouvons reconnaitre nombre de citadins Chanchou et son frère Gilbert, JP Bousquet, Jeannot, Nin, Siman, Branchereau.......

vendredi 20 août 2021

Tour de l'âne 1971

 


Tour de l'âne de juillet 1971 avec le jeune marié Yves Faro

Un article  de M.J.Cazaban et photographie du regretté Carlos.Recio avec un récit (à lire) du tour de l'âne que je ne connaissais pas (blague?) les feuilles de chou et les fleurs jetées devant l'âne 😅, le bonnet à cornes, le son envoyé sur le marié remplaçant probablement le riz et les participants qui mangeaient des gâteaux trempés dans du vin ???😂 C'est la première fois que je lis cet article et je suis vraiment surpris et étonné mais qui sait ........

Sur cette photographie de  1971 nous reconnaissons évidemment Jean Pierre, Dédé et Joseph.




mercredi 18 août 2021

Souvenirs Souvenirs Tour de l'âne 1971

 

Un grand merci à Nadine Arino pour ses photographies d'une époque que les Citadins conservent précieusement dans leur mémoire et dans leur coeur.

Année 1971 sur l'âne Yves Faro




Joseph Arino le bicorne sur la tête mène la danse.



Roger et de dos Dédé

samedi 7 août 2021

Le début du mois d'août à la Cité

 

Cette année est une année qui restera dans toutes les mémoires. Après une succession d'une ou deux journées caniculaires avec des températures s'élevant à 36 degrés et des jours où la température du matin ne dépasse pas les 14 degrés et qui arrive péniblement dans la journée à 25 degrés, sans compter les jours de pluie..... Quel été !!!!! avec le Covid en prime qui plane sur notre région, toutes ces raisons créent des situations difficiles pour nos petits commerçants dont la principale activité est liée au tourisme. De plus des difficultés de recrutement sans cesse croissantes pour les travaux saisonniers avec des personnes prenant systématiquement leurs congés au mois d'août attendant une embauche pour le mois de septembre.

Notre département va connaître toujours plus de problèmes et nous sommes loin d'atteindre des jours meilleurs. Ce n'est pas la venue de quelques chanteurs de variétés dans les murailles de notre Cité (qui ont cependant donné quelques minutes de bonheur aux spectateurs présents) qui va relever le moral  des Carcassonnais et des Audois en général.

Pourtant des efforts sont faits pour attirer les touristes mais ... "quand ça veut pas, ça veut pas". ...........En période de pandémie qui perdure et qui semble prendre de l'ampleur pendant le mois d'août il y a de quoi s'inquiéter............




mardi 13 juillet 2021

C'est l'été à la Cité

 

L'été est enfin arrivé avec la fin d'un confinement qui a duré, duré et la Cité prépare l'arrivée des touristes qui se font attendre au grand désespoir de nos commerçants Citadins.

Tout se met en ordre de bataille pour accueillir le mieux possible ces visiteurs de France et d'ailleurs.


Au Préau l'accueil est assuré
  

Le petit train a un succès évident vue la file d'attente.


Dans le fossé se préparent les chevaliers.


A la porte Narbonnaise la calèche attend d'éventuels clients.


Dans la rue Cros Mayrevieille habituellement bondée de monde quelques touristes déambulent.



A théâtre de la Cité se prépare le festival.


A la place habituelle dans cette partie des lices condamnée au visiteurs, recevra le tournoi des chevaliers.




lundi 5 juillet 2021

le début de l'été aux Albarels



Cette année nous avons pu reprendre nos activités, nos festivités, nos rencontres et nos habitudes. C'est devenu maintenant une tradition, le début de l'été, nous nous réunissons aux Albarels chez notre ami et néanmoins Seigneur des Abarels Johanes Claudius qui nous reçoit dans un cadre champêtre.


 






Le soleil était au rendez vous et au thermomètre les 30 degrés étaient largement dépassés.





Comme toujours l'apéritif était conséquent en nourriture, magrets séchés et chorizzo faits maison de l'ami André de Fanjeaux, 2 plateaux de Pizza d'Aline et de Gisèle, 1 pissaladière de Katy, plus olives, cacahuètes, saucisson etc....  le tout accompagné de "voignier" de Guitou et Zabeth et du blanc local domaine Les Albarels de Jean Claude. 
Ol






A l'ombre d'un mûrier platane et d'un magnifique figuier les conversations allaient bon train.




Le repas pouvait commencer par melon et chiffonnade de jambon de pays ........
suivi par des grillades qui furent réalisées par Gérard et Guitou, qui, comme à leur habitude, avaient pris plaisir à prendre en main, malgré la chaleur, cette délicate et importante mission.
Ces grillades étaient accompagnées d'un excellent macaroni préparé avec amour par Denise et accompagné par un gratin d'aubergines. 



Pour le vin, rosé et rouge, il venait du domaine de Font Grande.











Le repas se terminait par des gâteaux faits maison, toujours aussi savoureux de notre pâtissière en chef Maïté et de Jeanine, la reine des croustades.
Nos seniors arrivaient à la fin de ce repas repus avec la peau du ventre bien tendue en souhaitant pouvoir se retrouver à la fin de l'été, été consacré à la famille et aux petits enfants.
A bientôt donc.






Maintenant une petite sieste s'impose !!!..........

samedi 19 juin 2021

Le siège de Carcassonne en 1240

 

LE SIÈGE DE CARCASSONNE EN 1240

Pour s’informer sur ce siège il n’y a que deux sources :

- le rapport du sénéchal Guillaume des Ormes à la reine Blanche et

- les notes de l’inquisiteur Guy de Puylaurens.

 

Lorsqu’en 1209 le vicomte Raimon Rogièr, fait prisonnier par une infâme traîtrise, meurt dans son cachot, il laisse un fils unique, âgé de deux ans, dont il a confié la garde à son ami et allié le comte de Foix. Cet enfant, Raimon II Trencavèl, devrait être le dernier vicomte de Béziers. Sa destinée s’annonçait sous de bien tristes auspices ; aussi, dès l'année 1211, on stipulait pour lui la cession de tous ses domaines à Simon de Montfort.

Par la suite, les choses changèrent un peu. Amaury, fils de Simon de Montfort, ne réussit pas à s’imposer après la mort de son père et la Reconquête Occitane prend son cours ; en 1220, le comte de Foix reprenait Béziers au nom de son pupille. Quatre ans plus tard, Amauri de Montfort ayant abandonné Carcassonne, qu'il ne pouvait défendre contre l'armée réunie des comtes de Toulouse et de Foix, cette ville fut rendue de même au jeune Trencavel qui regagne son palais de Carcassonne.

Mais le comte de Toulouse doit finalement faire sa paix avec le roi Louis IX et Raimon n’y fut pas compris. Comme beaucoup d’autres seigneurs occitans, il cherche refuge en Espagne où nous le retrouvons, en 1236, à la cour du roi d’Aragon, occupé sans doute à préparer sa dernière tentative pour recouvrer ses titres et ses domaines.

 

À cette époque intervient le premier effort général tenté contre le roi de France par son principal ennemi le roi d’Angleterre avec, comme alliés, les autres intéressés, les comtes de la Marche et de Toulouse, situation jugée favorable par Raimon pour arriver à ses fins. Dans le pays, l’orgueil et la tyrannie des Francimans victorieux ainsi que les épouvantables rigueurs de l’inquisition avaient provoqué le regret de la population pour ses anciens maîtres et les faidits avaient toujours conservé des intelligences dans le pays. Des forces fidèles à Trencavèl se concentraient à l’abri des repaires fortifiées de Montségur, Quéribus, Aguilar, Cucugnan, Peyrepertuse.

Raimon II, entouré de ses fidèles compagnons faydits de l’exil, commence sa progression avec ces troupes mi-août 1240 par Alet, Limoux et Montréal. Cependant il succombe à la tentation de la popularité et au lieu de foncer directement sur Carcassonne, il s’empare de Montolieu, se laisse fêter en libérateur à Pépieux, Azille, Laure, La Redorte, Rieux et Puichéric, il passe par Caunes, Minerve et Villemoustaussou. Les dernières étapes par Conques, Salsigne et Saissac l’emmènent, le 7 ou le 8 septembre, jusqu’à Grèzes. Et ce n’est que d’ici qu’il menace directement Carcassonne.

 

Son arrivé n’est donc plus un secret pour personne et le sénéchal avait assez de temps pour organiser la défense et d’emmagasiner des vivres en vue d’un siège ; par contre il lui manquait le bois de charpente pour l’installation des hourds, manque de temps ou oubli ?

Grand spécialiste dans le domaine de la poliorcétique, le sénéchal craint qu’il ne puisse pas bien tenir tête aux assaillants avec les forces limitées seules dont il dispose en ce moment. Raymond VII de Toulouse refuse de manière très courtoise de lui porter le secours que le Sénéchal avait sollicité, mais le messager qu’il a dépêché auprès de Louis IX l’informe à son retour qu’une armée sous le commandement de Jean de Beaumont viendrait en renfort. Dès lors, Guillaume des Ormes sait qu’il doit résister à tout prix derrière les murs de la Cité où se sont réfugiés l’archevêque de Narbonne et l’évêque de Toulouse ainsi quelques barons et clercs.

 

Toujours est-il que l’arrivé de Trencavèl devant la Ciutat dans cette nuit du 08 au 09 septembre est inattendue et le fait que les habitants des bourgs lui ouvrirent grand leurs portes a surpris tout le monde ; l’évêque de Toulouse était-il donc venu, le 07 septembre, exhorter cette population qui jurait, une fois de plus, de rester fidèle à l’Église et au roi.

 

Les assaillants commencent immédiatement les préparations pour le siège et l’encerclement de la Cité. Un détachement de leur force, sous la conduite de Pierre de Fenouillet, s’installe dans la zone entre le pont et la barbacane du château, bloquant tous les accès à l’eau, pendant qu’un autre, commandé par Olivièr de Tèrme, occupe la zone entre la corne sud-ouest de la Cité et l’Aude et commence à y installer un camp fortifié, coté d’Aquilon et d’Autan ils se retranchaient au bord des bourgs pour interdire les sorties des assiégés.

 

Les combats commencent le 17 septembre. Ce jour-là, le sénéchal fait, apparemment inattendu pour Trencavèl, une sortie dans le bourg Granolhete (Graveillant) et réussit à y faire une grande provision de bois de charpente. Pierre de Fenouillet contre-attaque et prend le moulin fortifié sur les bords de l’Aude. Ensuite il fait mettre en place un mangonneau, protégé par des fossés, palissades et pièges, et le sénéchal répond par l’installation d’une pierrière turque dans l’enceinte de la barbacane. Des vrais duels d’artillerie auront lieu, toutefois sans effet décisif (les engins de jet étaient capables de projeter des boulets de 50 à 80 kg à plus de 200 m avec une précision de quelques m).

 

Sceau d'Olivier de Terme

L’intrépide Olivièr de Tèrme, un vaillant guerrier dans la quarantaine, jadis l’un des plus puissants seigneurs de la vicomté de Carcassonne dont Trencavèl a fait son lieutenant, possède une grande expérience dans la technique des mines, acquise dans les croisades de Majorque et de Valence menées par le roi Jacques Ier d’Aragon contre les Sarrasins ; en plus, il dispose d’un personnel important spécialisé dans ce travail dangereux. Tout cela va influencer sur la conduite des opérations.

 

Trencavèl lance des assauts multiples contre les murs de la Cité. Parallèlement, des mines sont creusées à partir des maisons limitrophes, ce qui empêche une découverte prématurée des travaux. Les mineurs occitans creusent, d’après le rapport du sénéchal, sept mines contre les remparts (en comparaison : à Majorque où l’armée catalano-aragonaise était beaucoup plus nombreuse, il n’y en a eu que trois) et arrivent à ouvrir plusieurs brèches ; la plus importante mine était celle qui visait la barbacane de la porte de Razès au sud. Nous trouvons ici la guerre de mines, forme très spéciale de combat, à un degré qui ne sera plus atteint que pendant la guerre de Crimée ou la Grande Guerre.

La première mine est dirigée contre la Porte Narbonnaise. Les mineurs occitans arrivent à faire tomber la partie avant de la barbacane, mais les assiégés ont entendu le bruit des travaux et ont érigé un mur de pierres sèches dans la partie arrière et ainsi ils arrivent à repousser l’attaque. Une nouvelle mine vise une tourelle de l’enceinte extérieure (qui, en 1240, est encore un chantier protégé par des palissades) au front boréal. Les défenseurs exécutent des travaux de contre-minage et réussissent à tenir les assiégeants en échec. La prochaine mine est creusée contre un mur qui tombe sur « 2 créneaux », mais le sénéchal a déjà fait construire une solide palissade et empêche de cette façon la poursuite de l’attaque. Les attaquants insistent et creusent, toujours dans le secteur méridional, pas loin du palais de l’évêque, une nouvelle mine sous un mur de l’enceinte extérieure (que des Ormes qualifie comme « sarrasin »). Mais ici aussi, les défenseurs érigent une palissade dans les lices et commencent un contre-minage. Puisque la mine des attaquants leur détruit une partie du mur, ils construisent encore une palissade avec bretèche et les archers arrivent à tenir éloigné les attaquants.


Nouvel essai de minage, cette fois plus au sud à la hauteur de la Porte de Razès. Les hommes dans la Cité s’en rendent encore compte ; érigent une contre-palissade et entreprennent un contre-minage. Ils s’emparent de la mine des attaquants et les en chassent.

Malheureusement aussi les innombrables assauts à la surface furent tous repoussés, puisque le nombre des arbalètes derrière la protection des murs était suffisant pour rien céder au nombre des arbalètes occitanes qui avaient tellement impressionné le sénéchal qu’il les mentionnait dans son dans son rapport (Il s’agissait d’une arme nouvelle qui tuait à grande distance, environ 75m, faisant encore au-delà des nombreux blessés ; l’Église n’avait autorisé son emploi que contre les Musulmans).

Conscient de ses échecs successifs face à des Ormes et bien informé de l’approche de l’armée royale, Trencavèl décide de donner un assaut concentré à la barbacane du château le dimanche 30 septembre, mais c’est encore un échec. Pourtant le vicomte ne se décourage pas et, le samedi 6 octobre, il tente à nouveau un assaut de grande envergure. Mais aussi cette dernière attaque est repoussée avec des pertes sévères pour le camp de Trencavèl.

Le jeudi 11 octobre au soir Trencavèl lève le siège et se réfugie à Montréal, non sans avoir mis le feu aux faubourgs, poursuivi par l’armée du roi. Il fallait l’intervention des comtes de Toulouse et de Foix (sans oublier l’approche de l’hiver qui aurait posé quelques problèmes aux forces royales) pour qu’il puisse s’échapper et retrouver son exil catalan.

Et voilà le bilan de 25 jours de combat acharné pour Trencavèl :

- les 3 barbacanes démolies, le château Narbonnais en ruines,

- la tournelle commandant l’enceinte extérieure renversée,

- les lices sud-ouest envahies,

- les courtines de l’enceinte extérieure ébréchées en plusieurs endroits et sur le point d’être franchies.

La prise de Carcassonne était donc possible sur le plan tactique (sans l’intervention rapide de l’armée de secours du roi) mais le vicomte ne pouvait pas vraiment espérer de s’attaquer victorieusement à la Monarchie française avec ses ressources largement supérieures. Et lors du siège d’Avignon en 1226, le roi n’avait-il pas déjà prouvé sa détermination de s’assurer le contrôle du sud du royaume ? Maintenant il ne lui reste que de se soumettre au roi de France, abandonnant ses droits sur les vicomtés de Béziers et de Carcassonne.

Article de JP Oppinger.

Bibliographie :

- Poux J. La Cité de Carcassonne, Histoire et description, L’épanouissement t I, pp 106-116, Privat 1931

- Doüet d'Arcq L. Siège de Carcassonne. 1240. In : Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 363-379.

- Blanc, J. et alii : La Cité de Carcassonne, des pierres et des hommes, pp.60-63, Grancher 1999


mercredi 9 juin 2021

Les 70 ans de Roger

 


Nous avons fêté l'anniversaire de Roger dit Chanchou dans son ancienne maison familiale transformée par son fils Sébastien en restaurant bar tapas. 

Pandémie oblige, c'est sur la terrasse que s'est déroulée cette agréable journée. Faut dire que Sébastien avait préparé cet anniversaire de façon magistrale, journée animée par Maïté toujours aussi dynamique. 


Tous ses amis citadins étaient là ainsi que ses copains de la ville basse.




Il y eut quelques instants d'émotions lorsque parents et amis félicitèrent le nouveau septuagénaire, la petite larme versée par Chanchou


Le rébus qui a permis à Roger de découvrir la destination de son voyage offert par tous.



Et comme toujours à la Cité tout se termine par des chansons. Jean entonna quelques airs du floklore occitan apprécié de tous.
Evidemment il fut question de bon vieux temps, de la vie d'autrefois, de Joseph et de Vincente, du tour de l'âne, des fêtes citadines et de tous ces souvenirs gravés à jamais dans notre mémoire comme le départ à 5 heures du matin après une soirée d'orage pour aller chercher dans la garrigue proche ces escargots dont nous raffolions préparés avec une aïoli maison.
Nadine avait apporté des articles de presse, des photographies de cette période
 que je mettrai dans quelques temps sur ce blog.
Une magnifique journée. 




dimanche 30 mai 2021

Le siège de Carcassonne (suite) 1209

 

Les Croisés francimans (d’après des estimations récentes probablement près de cinquante mille hommes) arrivent devant Carcassonne le samedi le 1° août, vers 15h00. Ils se sont abondamment ravitaillés dans les villages abandonnés sur leur chemin.

Leurs premiers détachements s’installent des deux côtés de la route venant de Narbonne ; le lendemain, la rangée des camps encercle toute la Ciutat.

 Raimon-Rogièr veut faire tout de suite une sortie avec 400 chevaliers, mais Pèire Rogièr de Cabaret l’en dissuade.

Les croisés sont pressés, 36 jours sont déjà passés depuis le départ de LYON (dimanche, 24 juin) l’host ne compte que 40 et le Duc de Bourgogne pense déjà au retour.

Après diverses reconnaissances des deux faubourgs mentionnés, ils attaquent lundi le 3 août, au matin, le Bourg (dont la muraille et le fossé sont greffés à celle de la Cité du côté nord, près de la tour de Samson d’une part, et près de la porte Narbonnaise d’autre part) qui était moins étendu et moins bien muni que le Castellare.

  


(Source POUX J. 2  p. 53)

Ce front est aussi trop loin pour les archers sur l’enceinte de la Cité elle-même (250m à vol d’oiseau) et permet avec sa faible étendue la formation de colonnes profondes ; on renonce même sur le soutien de catapultes.

 Après un combat bref (2 heures) mais acharné, un corps à corps à la lance et à l’épée, les défenseurs cèdent au nombre supérieur des attaquants. Très vite, les croisés se dirigent vers l’ouest sur toute l’étendue du versant afin de couper les hommes de la Cité de l’Aude et de se rendre maître des points d’eau (nous en connaissons deux : « la font granda » près de la sortie du Castellare par la porte de Razès et la » font celada », la source vive de la porte de Toulouse qui coulait à l’époque à l’air libre au pied du rempart). Face à cette rapidité, les assiégés ne tentent aucune sortie.

 La médiation infructueuse du roi d’Aragon se situe entre le 4 et le 6 août ; elle est accompagnée d’une courte trêve.

 Avant d’attaquer la Ciutat elle-même les croisés se prennent au Castellare (dont la muraille et le fossé sont greffés au mur de la Cité d’une part entre les tours du Plô et du Castéra, d’autre part à la hauteur de l’enclos épiscopal). Cette opération sur le front sud commence le 7 août à l’aube.

 Les croisés procèdent comme le 3 août mais le Castellare est mieux équipé que le Bourg. L’attaque se solde vite par un échec. Ils décident donc d’installer des catapultes sur le versant du coteau situé en face du Castellare, position qui offre une bonne vue sur l’objectif. En effet, ces engins arrivent vite à ébrécher sérieusement le parapet du rempart et les sapeurs y avancent une sape. Le lendemain, un pan de mur s’effondre et, par cette brèche, les cavaliers commencent à pénétrer dans le faubourg. Les défenseurs de la Cité font une brusque sortie et massacrent quelques attaquants.

 Désormais, la Ciutat est encerclé et toute sortie devenue impossible. Sans la foule des réfugiés, Carcassonne aurait pu résister encore longtemps, mais les puits intramuros sont taris par la chaleur excessive de cet été et la situation hygiénique est devenue grave. Côté croisés, c’est Vaux de Cernay, qui nous expose la volonté arrêté des chefs de l’host de ne pas prendre la ville d’assaut, comme celle de Béziers ; il s’agit quand même d’une base militaire importante et des richesses que l’on ne veut plus bruler bêtement …

 La Canso rapporte que, quelques jours plus tard, un chevalier croisé vient demander à parlementer avec Trencavèl. Dans la foulée, le vicomte se rend au camp des croisés. Après les négociations, la reddition de la ville est fixée au 15 août. Trencavèl doit se livrer obtenant en échange que les habitants de la cité gardent la vie sauve. Samedi le 15août, les croisés pénètrent dans la Cité ; ils occupent immédiatement le palais vicomtal, le donjon et les autres tours du logis.

 


Tous les habitants de Carcassonne peuvent quitter la ville en ne portant que leurs seuls vêtements et en abandonnant tous leurs biens, y compris les armes et les chevaux (même les Parfaits, pourtant reconnaissables à leur maigreur, ne sont ni inquiétés ni appréhendés).

 Mais après la prise de la ville, Arnoult Amalric ne relâche pas son otage ; il la jette en prison, une flagrante transgression de tous les us et coutumes de guerre car l’acte de reddition, telle que le rapporte Guilhèm de Puèglaurenç, prévoit qu’« il reste comme otage jusqu’à l’exécution du traité ». Plusieurs chevaliers s’indignent à voix basse du traitement infâme qui lui est infligé, mais aucun n'ose s'opposer au légat. Trois mois après la reddition, le 10 novembre, Raimon-Rogièr Trencavèl meurt dans son cachot, officiellement d’une dysenterie mais très probablement assassiné sur l’ordre de Simon de Montfort, lequel Arnoult Amalric désigne comme nouveau vicomte.

 Les légendes occitanes font l’éloge de la résistance carcassonaise et beaucoup des historiens postérieurs s’y joignent sans retenue. Guilhèm de Puèglaurenç par contre, tenant pourtant plutôt pour les Albigeois, constate laconiquement que le jeune vicomte, frappé de terreur (terrore concassus), se rendit sans combattre.

Il faut donc choisir une approche rationnelle pour faire la part des choses en analysant les faits :

Investissement des enceintes du Bourg et du Castellar avec occupation de ces faubourgs pendant 13 jours ainsi que quelques escarmouches plus ou moins violentes au moment de l’occupation des bourgs, un modeste essai de sape (intimidation ?) sur la courtine nord, à l’aide d’une seule machine basse et de quelques pionniers mais pas d’assaut de la Ciutat elle-même.

 CASTEL résume la situation comme suit :

« Encerclement de la Cité suivi d’une capitulation due à l’inexpérience d’un jeune chef (terrorisé par le nombre des croisés et la situation hygiénique dans la Cité) abandonnant ses troupes pour aller implorer la clémence d’un vieux renard, le Légat, qui en profite pour l’escamoter à la façon d’un prestidigitateur ».

 Quoi qu’il en soit, la prise du château et de l’enceinte fortifiée sans combat est établie par les textes latins de l’époque : dur, dur pour le cœur occitan !

 article JP Oppinger

SOURCES :

 - Historia Albigensis (1218) de Pierre des Vaux de Cernay ou Pierre de Vaulx-Cernay, Moine de l'abbaye cistercienne des Vaux-de-Cernay, il est le neveu de Guy, abbé de ce monastère et évêque de Carcassonne en 1212 (mort après 1248).

- Canso de la crozada de Guillaume de Tudèle (Guilhèm de Tudèla), 1199-1214 (?) chanoine en 1212.

- Chronica Magistri Guillelmi de Podio Laurentii (1145-1275), Guillaume de Puylaurens 1201-1274 (?), curé de Puylaurens.

- POUX, J. : La Cité de Carcassonne, Histoire et description, L’épanouissement t I, pp. 48-65, Privat 1931

- BLANC, J et alii : La Cité de Carcassonne, des Pierres et des hommes, pp.51-54, Grancher 1999

- INSITU-Thèmes : Les Cathares, MSM 2000, p.137

- CASTEL E. : La vérité sur les deux sièges de la Cité au XIII° siècle, SASC III 8 1947-48, pp.158-167

Concernant Béziers il existe un rapport des légats Arnaud Amaury et Milon au pape, écrit quelques semaines après les évènements (ROQUEBERT M. : Béziers, autopsie d’un massacre annoncé). Un tel rapport devrait exister pour Carcassonne également, mais on n’en a pas encore trouvé