samedi 13 juin 2009

Histoire ou légende

1ère partie




Notre ami Loupia nous a raconté cette légende, mais est ce vraiment une légende? intitulée :" Légende du Grand Puits " par A.Robida.

Soleil du Languedoc,
viens dorer la Cité,
fais pour fêter les Lys,
fleurir toutes nos roses.


Monsieur le Sénéchal commence ainsi son discours qui veut faire honneur au Bon Roi François.
Au créneaux de la Cité une famille se penche . Antoine Cassagnol, sa femme Colombe sont entourés de leur huit enfants. Antoine est non seulement poète (c'est lui qui a composé une harangue en vers pour le Consul) mais également musicien, il joue de la flute et du pipo pour animer les noces et les banquets , son véritable métier c'est jardinier, maraîcher. Sa seule richesse est une ânesse nommée Belleavoir qui chargée de lourds paniers d'osier l'aide à descendre à la Bastide les légumes, les jours de marché. La maison d'Antoine est modeste, entourée de jardinets elle est située près de la Tour du Connétable.cette famille discrète est pauvre, les affaires vont mal , ses légumes qui sont pourtant magnifiques ne se vendent guère, le crotin de l'ânesse Belleavoir est le seul engrais utilisé, ce sont des légumes bio sans le savoir, des légumes tout simplement. et bien des années plus tard, plusieurs centaines d'années même, nous aurons sur les marchés de France et de Navarre des légumes n'ayant plus besoin de terre pour croître, nous aurons de vaches qui deviendront carnivores et des poulets ou autres volatiles qui seront nourris avec du poissons ou des os broyés. l'homme dans sa folie fera même de la reproduction in vitro, des manipulations génétiques ou autres sorcelleries.
aussi le jour de la fête du tour de l'âne ça lui fait mal au cœur de voir ses légumes poireaux, carottes, navets et aubergines que des jeunes gens de la Cité lui ont acheté, suspendus aux bouts de ficelles attachées aux cornes que porte le dernier marié de l'année. oui c'est un véritable crève cœur et chaque année il essaie donc de récupérer ses légumes, flétris par une journée caniculaire, non pas pour les revendre mais tout simplement pour les manger fanes comprises. C'est la misère, Antoine Cassagnol est inquiet, non pas pour lui, lui c'est un homme bourru, silencieux et dur à la tache, mais pour sa petite famille. Il aimerait tellement avoir de l'argent, non pas pour posséder un carrosse gordini, avec deux bandes blanches, comme on en voit de l'autre côté des Pyrénées mais pour offrir à sa femme Colombe un métier à tisser, des casseroles neuves de cuivre doré, une cuisinière Monthermé en fonte et une belle demeure avec beaucoup de fenêtres à nettoyer, Antoine a appris très tôt par son père qui le tenait lui même de son père que l'oisiveté pour la femme étant la mère de tous les vices et pour l'homme source de réflexions. Et puis Antoine a huit enfants qu'il faudra bien marier, tant de bouches à nourrir et à loger devient un problème urgent. Le caractère d'Antoine est devenu exécrable , il ne sourit plus, est devenu de plus en plus taciturne et ne joue pratiquement plus de pipo sauf le jour de fêtes pour surveiller ses légumes et ses filles, de plus Antoine taquine à présent de plus en plus le gros rouge qui tache. Un jour après avoir assouvi son appétit sexuel ( très grand) avec Colombe, dans le petit abris de son ânesse, l'odeur de la paille et du crotin l'ayant toujours inspiré, il déclara, soudainement,

: le trésor de Wisigoths!!!!! je vais trouver le trésor de Wisigoths, cent patates! cent patates! cent patates! Tout le monde savait , sauf le grand Zombi, qui les jours de marin dévalait la rue du Château au Pont levis en faisant l'oiseau, en agitant ses bras comme des ailes de ces grands oiseaux marins, qui montés très haut dans le ciel, ne sont jamais redescendus et comme le grand Jean qui fumait des herbes qui n'étaient pas de Provence mais de Pech Marie, colline qui porte bien son nom car toutes les jeunes filles, adolescentes en montant étaient femmes en descendant, surtout pendant la période propice du mois de Mai, mois de Marie, mois des communions Solennelles ou pas, mois où la nature exulte, le mois où l'on se met, ce qui nous plait.

Tout le monde savait, que la Cité fut construite par les Romains et que leur œuvre magistrale était le Grand Puits. Ce Puits a résisté aux siècles, il était si profond qu'il arrivait au centre de la terre,

il y avait même des souterrains qui y débouchaient, reliant les châteaux de Lastours et du Mas Cabardès, Antoine savait que ce grand puits était fréquenté par des fées la preuve était que lorsqu'il allait chercher de l'eau pour arroser se légumes ou lorsque les ménagères puisaient de l'eau pour la toilette et pour les repas ils entendaient fréquemment de vagues bruits, des murmures, parfois c'étaient des petits rires enfantins clairs et cristallins, les fées riaient entre elles et se moquaient des gens du haut qui ne voyaient que du noir, elles qui du bas ne voyaient que le ciel. Lorsque les Wisigoths dominaient le Languedoc, le Trésor d'Alaric fut enfoui dans un lieu inconnu des Citadins cela va de soit, Les Sarrazins en arrivant mirent tout à feu et à sang et chassèrent nos chers wisigoths qui prirent leurs jambes à leur cou en oubliant femmes , enfants et trésor enfoui dans un lieu d'eux seuls connu. Antoine savait, pendant son chômage technique cette maladie ce cancer qui dévorera certainement les populations dans les siècles à venir, Antoine avait eu le temps de réfléchir, il n'y avait que le grand puits aussi grand, aussi profond, aussi difficile d'accès pour pouvoir dissimuler un tel trésor.

1 commentaire:

  1. Une belle histoire qui met en valeur les légendes du Grand Puits....

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Merci Anton de Ciutad